Le numéro un mondial du streaming musical, rentable depuis un an, multiplie les innovations.Deux nouveaux patrons pour son 20e anniversaire. Pour Spotify, le géant suédois des plateformes de streaming musical, 2026 est une année particulière sur plusieurs fronts. Son cofondateur Daniel Ek, 42 ans, a en effet annoncé en fin d’année son retrait de la direction opérationnelle du groupe qu’il a créé en 2006 avec Martin Lorentzon. « Mais c’est une transition douce, préparée depuis longtemps, puisqu’il passe le relais à deux de ses proches lieutenants », explique Antoine Monin, directeur général de Spotify France et Benelux.
Ce changement managérial survient alors que l’entreprise, qui emploie 8 000 personnes dans le monde, n’a atteint la rentabilité pour la première fois qu’en 2024, avec un résultat net de 1,1 milliard d’euros pour un chiffre d’affaires de 15,6 milliards, en hausse de près de 18 % par rapport à l’année précédente. Ce dernier a même doublé depuis 2017.
Avec une part de marché mondiale de 30 %, 713 millions d’utilisateurs mensuels (dont 281 millions d’abonnés payants, en hausse de 11 % en un an), Spotify reste une exception. C’est l’un des seuls champions européens de la tech leader de son secteur, qui domine nettement trois des plus grands noms de la Silicon Valley, YouTube (125 millions d’abonnés), Amazon (80 millions) et Apple (94 millions), dont les services musicaux patinent.
70 % des revenus reversés aux artistes
Ce succès colossal explique peut-être en partie les menaces exprimées le 16 décembre 2025 par l’agence fédérale du commerce à Washington (US Trade Representative), en représailles aux réglementations européennes mises en place dans le numérique : le groupe suédois fait partie, comme Accenture, Publicis, Mistral AI ou Siemens, des entreprises de l’UE que les États-Unis pourraient sanctionner à l’avenir si Bruxelles ne modifiait pas ses directives (DSA et DMA).