C'est un coin de paradis pour tout musicien qui se respecte. Il se trouve au 11ᵉ étage du siège social de Spotify, situé dans le centre historique de Stockholm. Dans la pièce principale, une quinzaine de guitares encadrées comme des œuvres de maîtres tapissent les murs habillés de velours violet. On découvre aussi des synthétiseurs modulaires vénérés par les artistes de la scène électro et une console audio à la pointe de la technologie. Dans la pièce d'à côté, séparée par une baie vitrée, un piano à queue noir trône au milieu d'une collection d'amplis racontant un siècle d'innovations sonores.
Bienvenue dans le « Spotify Studio », qui a vu défiler l'acteur et musicien américain Childish Gambino, les Italiens de Maneskin ou des vedettes locales comme Likke Li et The Hives... « Et encore, le studio de Los Angeles est deux fois plus grand ! » confie l'une des communicantes du groupe suédois qui mène la visite pour la quinzaine de journalistes européens invités en juin dernier, lors de la seconde édition de l'« Open House » : deux journées portes ouvertes dans la maison mère du leader mondial du streaming musical.
Pourquoi un studio d'enregistrement chez le champion de la musique dématérialisée, des algorithmes et des milliards de datas moulinées par des ordinateurs surpuissants ? La multinationale suédoise n'envisage pas de se substituer aux maisons de disques - cela lui est formellement interdit par les contrats passés avec les majors - mais le message est limpide : chez Spotify, on aime les artistes, on travaille avec eux, pour leurs intérêts. Une « mission » martelée au fil des conférences données par les cadres du fleuron suédois, souvent accusé, avec les autres plateformes, d'engranger des milliards sur le dos de musiciens payés une misère.