LA TRIBUNE DIMANCHE – Quel est l’impact de l’IA générative sur le modèle du Guardian ?
ANNA BATESON – L’IA transforme le comportement de notre public. Non seulement la manière dont il nous découvre, mais aussi comment il nous permet de créer de la valeur. Notre stratégie de fond reste centrée sur la construction de relations directes avec l’audience humaine. Mais nous devons désormais réfléchir au moyen de nous connecter à des audiences pilotées par des agents IA. La vraie question est : comment transmettre aux agents la réputation et la confiance qui sont à la base de nos relations avec les humains ? Ce n’est pas un changement de stratégie, mais plutôt une dimension supplémentaire à intégrer.
Quelles solutions avez-vous mises en œuvre ?
Nous n’en sommes qu’au début. Nous devons expérimenter et former nos équipes. Pour le moment, il s’agit de déterminer ce que nous devons mettre en place pour contrôler l’accès à nos contenus et à nos archives : blocage des bots, compréhension du scraping, analyse du trafic vers nos sites. Ensuite, il y a la collaboration. Avec d’autres éditeurs, d’abord, car nous ne pouvons pas résoudre ces problèmes seuls. Et avec les plateformes d’IA lorsque c’est pertinent. Nous devons travailler avec elles pour comprendre comment leurs outils affectent nos contenus et ce que nous devons mettre en place.