ENTRETIEN — Face à une consommation atone en France, le dirigeant mise sur le développement des services.LA TRIBUNE DIMANCHE – Les ventes du groupe en France au deuxième trimestre restent inférieures à celles d’autres pays européens. Pourquoi ?
ENRIQUE MARTINEZ – La consommation est en effet faible, même en tenant compte des conditions macroéconomiques. Contrairement à nos voisins européens comme l’Espagne, l’Italie ou la Belgique, qui avaient déjà retrouvé une dynamique de croissance plus rapidement après le choc inflationniste dû à la guerre en Ukraine, la France stagne. Le premier semestre n’a pas montré de signes d’amélioration par rapport à l’an dernier, alors que nous attendions une reprise significative au début de l’année.
L’épargne, en revanche, atteint des taux historiquement élevés, au-delà de 18 %. Malgré un pouvoir d’achat relativement préservé par l’indexation des salaires et comparable à celui en vigueur dans les pays voisins, les Français préfèrent bien plus épargner que consommer. C’est le signe indubitable d’un manque de confiance. Même si d’autres facteurs, comme le prix de l’essence ou l’inflation alimentaire, jouent aussi un rôle. Sans oublier la ponction que représentent les achats effectués sur les plateformes extra-européennes.
Quel est leur impact réel sur votre activité ?
C’est une distorsion majeure du marché, alors que l’ensemble du secteur de la distribution souffre. Ces plateformes chinoises prônent un modèle low cost, proposant de surcroît des produits de mauvaise qualité, souvent non conformes aux normes européennes. Elles captent une partie du pouvoir d’achat sans pour autant générer localement de valeur ajoutée. Elles ne créent pas d’emplois et paient peu d’impôts : on le constate notamment avec la TVA, dont les recettes ont été inférieures aux attentes l’an dernier.