Pour payer la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires, l’Élysée a choisi de puiser dans les fonds du Livret A. Pour les 58 millions d’épargnants, peu de changement.Avec trois nouvelles paires de réacteurs à Bugey (Ain), Gravelines (Nord) et Penly (Seine-Maritime), Emmanuel Macron a acté la relance de la filière nucléaire française, comme exposé dans son discours de Belfort du 10 février 2022 : « Il n’y a pas de vraie souveraineté s’il n’y a pas des choix que la nation peut porter et tenir en matière d’énergie », avait soutenu le président de la République.
Afin de financer ce projet pharaonique, estimé à 100 milliards d’euros par la Cour des comptes, Emmanuel Macron a trouvé le bon filon : le Livret A. L’Élysée a, en effet, annoncé le 13 mars que l’État mobilisera non pas de l’argent public, mais le fonds d’épargne de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) alimenté par… le Livret A. « Le financement devrait intervenir en fin d’année ou début 2027 », souligne la CDC, auprès de La Tribune Dimanche.
59 % des fonds du Livret A sont gérés par la Caisse des dépôts
Lorsque vous placez votre épargne sur le Livret A commercialisé par votre banque, l’argent ne dort pas. Il circule rapidement en direction du fonds d’épargne de la Caisse des dépôts, qui l’utilise pour financer certains secteurs économiques prioritaires désignés par l’État, le logement social notamment, et désormais le nucléaire. Sur 100 euros que vous déposez sur votre Livret A, 59,50 euros sont gérés par la CDC, les 40,50 euros restants par votre banque. Au total, le fonds de la Caisse des dépôts est ainsi doté, en mars 2026, de 416 milliards d’euros à injecter dans les composantes choisies de l’économie.