La défense française ne se réduit pas à quelques industriels phares – Airbus, Dassault, Thales, Safran… La base industrielle et technologique de défense (BITD) se compose, en réalité, de 4.500 PME et ETI. « Environ mille d’entre elles sont considérées comme stratégiques. Certaines PME fabriquent des pièces uniques, indispensables, par exemple, à la construction d’un Rafale », explique Philippe Roca, codirecteur du fonds Sienna Dette Privée Défense Europe chez Sienna Investment Managers. Autant d’entreprises confrontées à des besoins de financement et de croissance auxquels l’État cherche activement à répondre.
La loi de programmation militaire 2024-2030 prévoit ainsi un budget historique de 413 milliards d’euros, ce qui inscrit la thématique dans le temps long. Pour accompagner cette montée en puissance, l’État est conscient de l’importance de drainer les capitaux privés. La Direction générale de l’armement (DGA) a ainsi lancé le « club des institutionnels de la défense », pour connecter finance et industriels. Autre gisement financier qui attise les convoitises, l’épargne des particuliers. Reste à trouver les véhicules permettant de diriger les capitaux vers les sociétés du secteur.
Ces derniers mois, plusieurs solutions d’investissement dans la défense ont vu le jour. Outre l’intérêt du thème, sans doute peut-on y voir aussi la levée d’un frein. Désormais, défense et ESG (Environnement, social et gouvernance) sont compatibles, a confirmé la Caisse des dépôts et consignations, à condition d’exclusions strictes et d’un périmètre clair. Pour mettre la défense à la portée de tous, plusieurs gérants d’actifs ont opté pour une solution simple et diversifiée, l’ETF.