Une heure suffit pour paralyser totalement une mairie. Faute de budget et d’expertise, les communes deviennent des cibles rêvées pour les gangs de cybercriminels.Les ordinateurs bloqués, des dossiers inaccessibles, des riverains qu’il faut renvoyer chez eux faute de pouvoir les aider, une relance du système qui se chiffre en dizaines de milliers d’euros alors que le budget était déjà serré… Ce scénario catastrophe serait vécu chaque année par au moins 3.450 communes de moins de 25.000 habitants, d’après une étude de Cybermalveillance.gouv, la plateforme de prévention des risques cyber. Que ce soit le village d’Elne dans les Pyrénées-Orientales, celui de Thaon-les-Vosges ou encore Berson en Gironde, cette année a déjà eu son lot d’attaques contre des municipalités qui se retrouvent en situation de crise en l’espace de quelques instants.
« Lorsque l’on devient maire, beaucoup de sujets nous paraissent plus urgents que la cybersécurité ; on pense d’abord aux aménagements pour les familles, à la gestion des écoles, au soutien à la parentalité… », confie Jonathan Wofsy, maire (divers gauche) de Chevry-Cossigny, une commune de 4.000 habitants en Seine-et-Marne.
Ce département ainsi qu’une de ses principales villes avaient déjà été la cible d’attaques. « C’est là que survient le choc, lorsque l’on mesure l’ampleur des dégâts, précise le maire. Pour les petites communes, la solution passe selon moi par la mutualisation. Nous partageons par exemple des directeurs des systèmes d’information qui parviennent à gérer l’ensemble du parc informatique. »
Un diagnostic personnalisé
Face à cette menace, de plus grandes structures prennent désormais en charge une partie de l’investissement dans la sécurité pour pallier le manque de budget. La métropole du Grand Paris a ainsi ouvert cette année à des communes volontaires un programme d’accompagnement « clés en main » et entièrement gratuit. Plusieurs municipalités de la périphérie parisienne étaient tombées en léthargie à la suite d’attaques lors des trois dernières années ; ce plan tombait donc comme une solution de première urgence.