Pendant de longs mois, Cécile Métaye-Brunet a hésité. Après un premier mandat émaillé de conflits à répétition au conseil municipal, la maire de Trévron – petit village de 700 habitants dans les Côtes-d’Armor – se sentait-elle armée pour se représenter ? Oui, mais pas seule, a-telle tranché. L’élue, secrétaire de direction, s’est donc associée à Vivien Protois, assistant familial, pour proposer une candidature en duo. Une solution inédite à l’heure où les démissions de maires n’ont jamais été aussi nombreuses.
« Être à deux permet de croiser les regards et d’alléger la charge mentale, résument les candidats, qui servent le café dans un mug à l’effigie de leur binôme. On souhaite aussi garder du temps pour nous. » Sur le papier, il faudra bien un maire car la loi ne prévoit pas que l’écharpe tricolore puisse être partagée. Ce qui fait dire au politologue Martial Foucault que l’idée n’est « qu’un affichage ». Mais en pratique, les prétendants promettent d’agir d’égal à égal si les habitants venaient à les désigner.
Un impératif après un mandat « épuisant », selon la maire sortante. Entre les dossiers de subventions, les cérémonies officielles et, parfois, des événements tragiques où les maires se retrouvent en première ligne, Cécile Métaye-Brunet dresse un bilan contrasté des six années écoulées. « L’impression d’être sur tous les fronts, de perdre du temps sur les dossiers que l’on voudrait voir avancer », raconte-telle. Son récit contraste avec l’enthousiasme que suscite la campagne électorale en cours. Elle s’explique : « Le binôme me rassure. Parfois, on n’a même pas besoin de se parler. »