Où est passée l’écologie ? La chronique de Soazig Quemener

Découvrez la chronique de Soazig Quéméner
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L’écologie ne sera pas le grand sujet des municipales 2026. Le sondage Ifop que nous avons publié il y a quinze jours en était le puissant révélateur. Quand on les interroge sur les enjeux déterminants de leur vote pour les élections des 15 et 22 mars 2026, les Français établissent une hiérarchie des priorités très claire : la sécurité arrive en tout premier (76%) et la lutte contre le dérèglement climatique à l’échelle locale en dernier (33%). Le reflet d’un certain effacement du sujet dans le débat public.
En 2020, les élections municipales s’étaient au contraire teintées de vert, inscrites dans l’élan du score surprise de l’écologiste Yannick Jadot aux européennes (13,5%) et des marches pour le climat. Marquées par l’arrivée, dans un contexte de très forte abstention, d’une dizaine de maires écologistes aux commandes de grandes villes : Lyon, Bordeaux mais également Strasbourg, Annecy, Poitiers, Besançon… Une vague dépeinte à l’époque comme le cri des urbains, réclamant plus de vert et d’air pur, en particulier dans les métropoles.
« Aujourd’hui, l’enjeu n’a pas disparu, il ne s’est pas évaporé, souligne Frédéric Dabi, directeur général opinion du Groupe Ifop. Il y a toujours une prise de conscience. Mais il y a deux effets qui jouent. D’abord, il y a ceux qui pensent que c’est foutu, qu’on ne peut plus rien faire. Ensuite, ceux qui estiment que la France s’est déjà beaucoup mobilisée sur le sujet et voient le climat avant tout comme un enjeu de la globalisation. Si on caricature : il faudrait d’abord que les Allemands arrêtent les centrales à charbon ».
Le politologue pose aussi l’éternelle question des « émetteurs », c’est-à-dire ceux qui portent ces sujets. « Marine Tondelier parle plus de ses relations avec Olivier Faure ou Jean-Luc Mélenchon que du fond », observe encore Frédéric Dabi.
Sans compter qu’au plan local, les maires écologistes ne se sont pas singularisés par des propositions innovantes, ou en tout cas pas plus que leurs collègues. Tous les édiles sont confrontés à la question cruciale des transports en commun gratuits ou non, ou de l’adaptation.
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