OPINION. « Les municipales, premier scrutin économique du pays », par Patrick Martin, président du Medef

Patrick Martin appelle les candidats aux municipales à faire de l'économie de secteur un enjeu majeur de leur programme.
LTD/AFP/ALAIN JOCARD

Patrick Martin appelle les candidats aux municipales à faire de l'économie de secteur un enjeu majeur de leur programme.
LTD/AFP/ALAIN JOCARD
Être maire aujourd’hui, c’est exercer l’un des mandats les plus exigeants de la République. Exigeant parce qu’il est concret. Exigeant parce qu’il engage directement le quotidien des Français. Exigeant, surtout, parce qu’il conditionne l’avenir économique du territoire.
On parle souvent du maire comme du premier magistrat de la commune. Il est aussi le premier développeur économique de son territoire. Car derrière chaque décision d’urbanisme, chaque arbitrage budgétaire, chaque orientation en matière de mobilité ou de logement se joue une question centrale : notre commune attire-t-elle ou repousse-t-elle l’activité et l’emploi? La prospérité locale ne tombe pas du ciel. Elle se construit avec des élus qui assument pleinement le rôle stratégique de l’économie dans leur projet municipal.
Partout en France, le Medef et son réseau territorial se mobilisent à l’occasion des élections municipales. Dans tous les territoires, nos adhérents rencontrent les candidats, organisent des débats, formulent des propositions concrètes pour renforcer l’attractivité locale. Cette mobilisation n’est pas partisane. Elle est pragmatique. Elle part d’un constat simple : lorsqu’un maire installe un dialogue régulier avec les entrepreneurs, lorsqu’il simplifie les procédures, sécurise le foncier économique, garantit une fiscalité stable et lisible, les projets sortent de terre. Les emplois suivent. Les recettes publiques se consolident. Le territoire gagne en dynamisme.
À l’inverse, l’instabilité réglementaire, l’empilement des contraintes ou l’absence de vision économique pèsent lourdement sur l’investissement. Les maires ont des leviers puissants. La commande publique peut soutenir les filières locales. Les politiques de mobilité peuvent faciliter l’accès aux bassins d’emploi. Les choix d’aménagement peuvent permettre l’implantation d’activités productives. Le logement peut répondre aux besoins des salariés. Chaque décision locale devient alors un accélérateur de développement.
Sans base économique solide, il n’y a ni services publics durables, ni transition écologique réussie, ni cohésion sociale stable. La réindustrialisation, la décarbonation, la revitalisation des centres-villes ne se décrètent pas depuis Paris. Elles se concrétisent dans les territoires, avec des élus engagés et des entreprises responsables. Les entrepreneurs ont besoin de maires qui considèrent l’entreprise comme un partenaire stratégique. Et les maires peuvent compter sur des entreprises prêtes à investir, innover, former et s’engager dans la vie locale.
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Les municipales sont une élection de proximité. L’économie aussi est une affaire de proximité. La confiance se construit au coin de la rue, dans la zone d’activité, dans le dialogue direct entre l’élu et l’entrepreneur. À celles et ceux qui briguent un mandat municipal, je lance un appel : faites de l’attractivité économique un pilier de votre projet. Affirmez une vision claire pour l’emploi, pour l’investissement, pour l’innovation locale. Donnez de la visibilité. Installez un dialogue structuré avec les acteurs économiques. Assumez l’ambition.
Le Medef continuera à se tenir aux côtés des maires, dans un esprit de responsabilité et de coopération. Parce que lorsque les élus locaux et les entreprises avancent ensemble, ce ne sont pas seulement des projets qui réussissent : ce sont des territoires entiers qui prennent confiance en leur avenir.