Dans nos villes, les maires ont le pouvoir de construire des communes sécurisées, inclusives et attentives à la parentalité et à la liberté des femmes.
Après des décennies de combats féministes pour l’égalité entre les femmes et les hommes, si l’égalité des droits est inscrite dans nos lois, l’égalité réelle reste à conquérir. Ce combat est à mener au plus près du terrain : dans nos villes, dans nos quartiers, dans notre quotidien. Ce combat appelle l’engagement de tous les maires de France à construire des villes féministes.
Une ville féministe, c’est une ville où les femmes sont libres d’aller en sécurité où elles veulent, à n’importe quelle heure, habillées comme elles le désirent. C’est une ville qui œuvre pour la sensibilisation de chacun, de ses habitants et ses agents, aux stéréotypes sexistes, à la réalité des violences sexistes, sexuelles, conjugales, et à la nécessité de les faire reculer.
Une ville féministe, c’est une ville où la spécificité de la vie des femmes, leur santé, leur corps, est mieux considérée. Endométriose, post-partum, congélation d’ovocytes, ménopause, autant de situations qui trop souvent encore se heurtent à l’errance médicale et sont vécues dans la honte et la solitude.
Égalité et natalité ne sont pas à opposer, au contraire.
Une ville féministe, c’est une ville où la parentalité ne se vit pas au détriment de la carrière et de la liberté des femmes. C’est une ville qui comprend que les difficultés d’accès aux modes de garde constituent des freins qui empêchent d’avoir le nombre d’enfants que l’on désire, et qu’y répondre est désormais une urgence pour la natalité comme pour l’égalité.
Lorsqu’aucun mode de garde n’est trouvé, ce sont encore, dans l’immense majorité des cas, les femmes qui se retirent du marché du travail. De plus en plus, cela conduit certaines à renoncer à avoir les enfants qu’elles souhaitaient. C’est bien dans les pays où le taux de participation des femmes au marché du travail est le plus élevé que la natalité résiste le mieux. Égalité et natalité ne sont pas à opposer, au contraire. Œuvrer pour l’égalité, c’est agir pour la natalité, pour notre avenir et celui de nos villes.
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Ce sont les communes qui organisent l’accueil des jeunes enfants. Elles jouent un rôle décisif dans un moment charnière pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Elles peuvent agir pour mieux accueillir les enfants, mieux soutenir les familles, mieux organiser la vie quotidienne afin de permettre une répartition plus équitable de la charge de la parentalité. Or comme le rappelle Elisabeth Badinter, « la principale source des inégalités, qui engendre les autres, est le non-partage des tâches ménagères et parentales ».
Les communes disposent de leviers d’action déterminants pour l’accompagnement des parents, pour l’éducation au respect et à l’égalité, pour la sécurité et l’accès aux soins de toutes et tous. L’échelon municipal est trop souvent négligé alors même qu’il est essentiel. On ne pourra pas atteindre l’égalité du quotidien sans l’engagement des maires de France.