À l'heure de la nouvelle révolution technologique, la France aurait tort de se priver de la moitié de ses talents. Femmes et filles sont poussées à l'action dans les métiers du numérique afin de ne pas laisser s'éteindre la flamme du progrès scientifique français.
La France traverse un moment décisif. Jamais dans son histoire récente les sciences et les technologies n’ont pesé aussi lourd sur son destin. Jamais l’intelligence artificielle, les données, la cybersécurité, la recherche scientifique n’ont autant conditionné sa souveraineté, sa prospérité et sa liberté. Jamais, pourtant, la France n’a accepté avec autant de résignation de se priver d’une part essentielle de ses forces vives.
Car enfin, que voyons-nous ? Nous voyons une nation qui prétend préparer l’avenir, mais qui continue d’en confier la conception à une minorité. Nous voyons une économie qui se dit innovante, mais qui laisse à l’écart trop de femmes dans les filières scientifiques et technologiques décisives.
Certes, la révolution technologique a été rapide. Certes, les habitudes, les stéréotypes et les inerties ont résisté. Mais une question se pose, simple et pragmatique : la France peut-elle durablement construire son avenir en se privant de la moitié de son intelligence ? Non, car ce qui est en jeu n’est pas une revendication catégorielle. C’est une question d’intérêt national.
La bataille qui s’ouvre n’est pas seulement une bataille pour l’emploi. C’est une bataille pour la maîtrise de notre avenir scientifique. C’est une bataille pour l’indépendance de notre pensée. C’est une bataille pour la solidité de notre démocratie, à l’heure où les algorithmes, les systèmes automatisés et les infrastructures numériques façonnent déjà nos choix collectifs.
[Les femmes et les filles] sont prêtes ; si la nation cesse de douter d’elles, et si elles cessent de douter d’elles-mêmes.
Une France qui programme son futur sans ses femmes est une France qui abdique. Car la France n’est pas seule. Elle n’est pas démunie. Elle n’est pas condamnée. Elle dispose d’un immense réservoir de talents ignorés, de vocations découragées, d’intelligences bridées : ses filles et ses femmes. Elles sont dans nos collèges, dans nos lycées, dans nos universités. Elles sont dans nos entreprises, dans nos territoires, en reconversion professionnelle. Elles sont prêtes ; si la nation cesse de douter d’elles, et si elles cessent de douter d’elles-mêmes.
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C’est pourquoi, en ce 11 février, Journée internationale des femmes et des filles de science, avec l’Unesco, nous, femmes et hommes engagés en faveur de la féminisation des métiers du numérique, appelons les jeunes filles qui aiment comprendre, démontrer, expérimenter, mais à qui l’on a appris à se retenir. Nous appelons les étudiantes qui se sont interdit les carrières scientifiques par manque de modèles ou de reconnaissance.
Nous appelons les femmes en reconversion qui savent déjà résoudre des problèmes complexes, parce que la vie les y a formées. Nous appelons les hommes, pères, managers à se mobiliser : ce combat n’est pas pour les femmes, il est pour la France. L’heure n’est plus à l’observation, elle est à la responsabilité. Nous appelons aussi les dirigeants, les enseignants, les décideurs publics et privés : l’heure n’est plus à l’observation, elle est à la responsabilité.
La France a déjà connu des moments où elle a dû puiser dans toutes ses forces pour se relever. À chaque fois, elle l’a fait en élargissant le cercle de celles et ceux qui participent à l’effort commun. Jamais en le restreignant.
Rien n’est perdu, à condition de décider. À condition d’ouvrir. À condition d’agir. La flamme du progrès scientifique français ne doit pas s’éteindre.
Alors oui, nous le disons avec gravité et confiance : rien n’est perdu, à condition de décider. À condition d’ouvrir. À condition d’agir. La flamme du progrès scientifique français ne doit pas s’éteindre. Elle ne s’éteindra pas si elle est nourrie de toutes nos intelligences. Alors, rejoignez-nous. Entreprises, rejoignez-nous : ouvrez des places de stage, en alternance ou aux premières expériences, là où naissent les vocations et se construisent les carrières.
Associations, rejoignez le programme TechPourToutes, relions, amplifions et transformons les élans individuels en dynamique collective. Institutions publiques, rejoignez-nous. Soutenez et accompagnez, en renforçant l’orientation, la formation et les cadres favorables à l’égalité dans les sciences et le numérique.
Vive les femmes et les filles de science. Vive l’audace. Et vive la France, pleinement.
Les administrateurs : Henri d’Agrain, Catherine Lucas, Maylis Staub, Maya Hagege, Nicolas Pesquidous, Catherine Ladousse, Frédéric Dufaux, David Gelrubin, Corinne Lossy Dajon, Caroline Trilles, Jean-Christophe Morisseau