Les chiffres publiés par le ministère de l'Intérieur sont sans appel : en dix ans, la violence impliquant des mineurs, comme victimes ou comme auteurs, a atteint des niveaux inédits.Deux communications, la semaine passée, devraient alerter les personnels politiques s’agissant de la dégradation inquiétante d’une partie de notre jeunesse. La première émane du service des statistiques du ministère de l’Intérieur, qui a publié le 22 mai une analyse portant sur les victimes et les mis en cause mineurs enregistrés entre 2016 et 2025.
La seconde est la conférence de presse conjointe des procureurs de la République de Nice et de Marseille, tenue dans le sillage de la fusillade du 11 mai dernier à Nice. Prises ensemble, ces deux communications dressent un tableau alarmant que le gouvernement semble désormais intégrer.
L’analyse produite place Beauvau est sans appel. Le nombre de mineurs enregistrés comme victimes par les services de police et de gendarmerie a bondi de 77 % en dix ans, passant de 164.100 en 2016 à près de 290.200 en 2025. Parmi les indicateurs les plus alarmants figure le nombre de mineurs victimes de tentatives d’homicide, qui a quasi triplé : 153 en 2016, 425 en 2025, soit une progression de 178 % en une décennie. Ce seul chiffre dit l’ampleur du basculement.
Une légère éclaircie mérite toutefois d’être signalée s’agissant du harcèlement moral. Après une hausse ininterrompue entre 2016 (2.124 victimes) et 2023 (19.383 victimes), le phénomène amorce un recul de 7 % en 2024 et 2025. Cette inflexion, bienvenue, ne saurait masquer la tendance de fond.
Le nombre de mineurs impliqués dans des infractions à caractère sexuel a augmenté de 132 % en dix ans pour atteindre 21.200 en 2025.