Succession, un sacré feuilleton. La chronique de Ludovic Vigogne

La chronique de Ludovic Vigogne
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C’est un classique du scrutin municipal. À chaque édition, des maires passent la main après deux, trois, quatre mandats. Il existe alors deux typologies. Il y les villes où ça se passe bien et il y a les villes où ça se passe mal. En 2014, Paris et Le Havre avaient trouvé leur place dans la première catégorie. Bertrand Delanoë avait désigné, pour lui succéder, Anne Hidalgo et minutieusement préparé en amont son camp à cette décision. Antoine Rufenacht avait fait le choix de céder la place à son poulain, Edouard Philippe, dès 2010 afin que celui-ci ait toute la légitimité nécessaire pour affronter la première élection sur son nom. En 2020, Marseille s’était en revanche classé dans la seconde catégorie. Après 25 ans de règne, Jean-Claude Gaudin avait quitté son fauteuil sans préparer la suite, la droite avait perdu et la gauche récupéré dans son escarcelle la cité phocéenne.
Lors de l’édition de mars prochain, les maires de Paris, Nîmes, Avignon et Grenoble ne se représenteront pas. Et dans chacune de ces villes, la situation est compliquée car des guerres de succession ravagent les camps qui étaient au pouvoir. À Paris, Anne Hidalgo n’a pas réussi à imposer son dauphin (Rémi Féraud) et le socialiste qui a été choisi contre son avis, Emmanuel Grégoire, doit également composer avec l’appétit féroce du reste de la gauche.
À Nîmes, Jean-Paul Fournier, maire durant un quart de siècle, voit deux de ses adjoints (Franck Proust et Julien Plantier) s’affronter très âprement, alors que la gauche et le RN menacent de faire perdre aux Républicains leur plus grande ville. À Avignon, la situation est la même au sein du PS avec la succession de Cécile Helle, édile de la Cité des Papes depuis 2014, qui, face aux lézardes des siens, n’a toujours pas indiqué de préférence entre les impétrants. À Grenoble, Laurence Ruffin a été désignée à l’occasion d’une primaire pour succéder à Eric Piolle - c’était sa candidate - , mais les choses se passent mal et désormais le linge sale ne se lave plus seulement en famille.
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Jusqu’où ces successions douloureuses pourraient-elles faire basculer ces villes ? Pour éviter des querelles fratricides et permettre à leur dauphin de ne pas (s’)échouer, deux maires ont pris les devants ces derniers lois. Martine Aubry a abandonné ce printemps son mandat de maire PS de Lille, qu’elle détenait depuis 2001, pour installer Arnaud Deslandes, qui va devoir résister aux assauts des Écologistes. Ex-socialiste, désormais président de la Fédération progressiste, François Rebsamen a laissé son poste de maire de Dijon (il avait été élu en 2001 également) à Nathalie Koenders en novembre 2024. Paris gagnants ?