L’homme des affaires, Bernard Tapie, perd son dernier combat
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Bernard Tapie aura marqué la vie des affaires, de la politique et du sport pendant trente ans.
Reuters
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Bernard Tapie aura marqué la vie des affaires, de la politique et du sport pendant trente ans.
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Bernard Tapie est mort ce matin à l'âge de 78 ans. « Dominique Tapie et ses enfants ont l'infinie douleur de faire part du décès de son mari et de leur père, Bernard Tapie, ce dimanche 3 octobre à 8 h 40, des suites d'un cancer », indique un communiqué publié dans la Provence, le journal de cœur de Bernard Tapie. Le Premier ministre, Jean Castex, a aussitôt réagi sur le plateau de BFM TV en s'inclinant « devant la mémoire » d'un homme qui se battait depuis plusieurs années contre le cancer.
Le combat a été le moteur de toute sa vie, ou plutôt de ses mille vies. Ce qui a fait la force de cet homme, c'est bien sa capacité de résilience à toutes les épreuves, sa capacité hors normes à rebondir à chaque fois. Sa vie a été en effet ponctuée de coups d'éclats et d'échecs aussi retentissants.
Enfant de la balle, Bernard Tapie a été successivement chanteur, vendeur de téléviseurs, redresseur d'entreprises, ministre, animateur de TV, dirigeant de club de foot, comédien, taulard, et, jusqu' à ces derniers jours, patron de presse. Sa vie a été décortiquée, suivie, commentée, par des milliers d'articles de presse et des dizaines de livres ou de reportages. Un personnage qui a accompagné les Français pendant plus quarante ans.
Difficile donc de retracer un parcours aussi complexe, dont le seul trait commun pourrait être celui d'une véritable rage de vivre.
Bernard Tapie a véritablement commencé sa carrière comme un professionnel du redressement des entreprises en faillite, à l'image d'autres personnalités qui ont bâti leur fortune à la faveur de la crise et de la stagflation des années 70, comme Vincent Bolloré, Bernard Arnault ou bien François Pinault. Ce sont les pionniers en France de l'effet de levier et de l'arbitrage d'actifs (vente des unités déficitaires et relance des actifs les plus rentables), qui donna naissance à l'industrie florissante du capital investissement.
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Ainsi, Bernard Tapie achète en 1980 Manufrance, un peu au bluff, avec sa force de conviction qui va devenir légendaire auprès des milieux économiques, mais surtout politiques. Les syndicats font en revanche grise mine : Bernard Tapie licencie, cède des actifs et redresse la boîte avant de la mettre en liquidation judiciaire en 1986. Ce n'est pas son premier échec. Ce ne sera pas le dernier.
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