Paris, 7 mai 2026. Portrait du président de La France Insoumise (LFI) et candidat à la Présidentielle 2027, Jean-Luc Mélenchon, à la brasserie L'Européen, gare de Lyon.
L’ « agressivité » du leader des insoumis est pointée du doigt par 64% des sondés dans notre enquête menée avec Ipsos-BVA.
C’est le principal enjeu de Jean-Luc Mélenchon pour sa quatrième candidature : montrer qu’il a la capacité de rassembler plus de 50% des électeurs pour éviter, en cas de qualification au second tour, d’être battu par le représentant du RN. Le défi est colossal tant l’image du chef des Insoumis est dégradée dans l’opinion. Selon l’enquête Ipsos-BVA pour La Tribune Dimanche, 70% des Français estiment que sa candidature représente un « handicap pour faire gagner la gauche ». Ils sont également 55% à le penser chez les sympathisants de gauche.
Le fondateur de LFI est en revanche incontesté parmi les siens, chez les Insoumis : 83% d’entre eux estiment que sa candidature est un « atout » pour faire gagner la gauche. Plus généralement, l’« agressivité » de Jean-Luc Mélenchon apparaît comme son principal « handicap » : 64% des Français, mais aussi 55% des sympathisants de gauche la citent parmi ses principaux points faibles. De même, ses « propos qui créent la polémique » seraient aussi pénalisants pour 60% des sondés.
Cet hiver, Jean-Luc Mélenchon avait notamment suscité l’indignation en ironisant sur la prononciation des noms à consonance juive « Epstein » et « Glucksmann ». « Les soupçons d’antisémitisme qui pèsent sur lui sont un élément absolument majeur, évoque notamment Brice Teinturier, directeur de l’Ipsos. Ça a peut-être consolidé son socle, mais ça empêche l’élargissement malgré le bazar dans le reste de la gauche ».
Sondage Ipsos BVA-Cesi école d’ingénieurs pour La Tribune Dimanche effectué les 5 et 6 mai 2026 auprès d’un échantillon représentatif de la population française de 1 000 personnes âgées de 18 ans et plus interrogées par Internet selon la méthode des... (Crédits : LTD/DR)
S’il devrait être, à 75 ans, le candidat le plus âgé sur la ligne de départ l’année prochaine, ils ne sont en revanche que 19% de Français à penser que son âge constitue un handicap. Ironie de la situation : ce sont les sympathisants Insoumis qui sont le plus nombreux à penser que ce facteur peut être préjudiciable (38%, contre 15% pour les sympathisants de droite et 17% pour ceux d’extrême droite). Son « expérience », que défendent les Insoumis pour justifier sa quatrième tentative élyséenne, est d’ailleurs plutôt perçue comme un « atout » pour 41% des sondés.
Sa qualité première reste néanmoins « ses talents d’orateur » pour 45% des Français, et 36% des sympathisants de gauche. Ce qui ne suffit cependant pas à créer un engouement massif derrière sa candidature. « Même s’il faut rester prudent, les sympathisants de gauche semblent avoir intériorisé que Jean-Luc Mélenchon est, certes, toujours là, qu’il a du talent, mais qu’il ne sera jamais président de la République », en conclut Brice Teinturier.
Newsletter
La Tribune Dimanche
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.