Au volant de sa voiture,un député Les Républicains de poids lâche un soupir. « Ça donne envie d’aller élever des chèvres dans le Larzac », lâchait-il vendredi en sillonnant sa circonscription. « Ça », ce sont les laborieuses négociations entre Sébastien Lecornu et la droite.
Tiraillés entre l’envie de poursuivre, par un réflexe quasi mécanique, leur participation au gouvernement de la France et la crainte de lier irrémédiablement leur sort à un navire qui coule, les LR font monter les enchères presque pour la forme. Ils savent que les pourparlers se font essentiellement (pour l’heure) avec le Parti socialiste.
Déclarant jeudi dans Le Figaro que l’adhésion de son camp à l’équipe Lecornu n’était « pas acquise du tout », Bruno Retailleau n’a pas convaincu ses ouailles d’une velléité de rompre. « Ça faisait un peu “grand bluff”, observe un conseiller du parti, tout le monde sait qu’on va y aller. »
Avant de donner son feu vert, le ministre de l’Intérieur a voulu attendre que Matignon lui envoie une version actualisée du contrat de gouvernement exigé par la droite. Histoire d’être sûr d’obtenir quelques gages minimisant ceux, déjà considérables, lâchés par le Premier ministre au PS. S’être délibérément privé de la possibilité de recourir à l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter le budget est de ceux-là.
« Aujourd’hui, entre la gauche et le Rassemblement national, il y a une majorité pour abroger la réforme des retraites de 2023, s’alarme un proche du patron de LR, il est là, le sujet ! Et la présidentielle approchant, l’intelligence d’un maintien au gouvernement saute moins aux yeux. L’opinion de droite se crispe, le temps d’attente crée de la déception avant même que Lecornu ne parle. »
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