EXCLUSIF – Le ministre de l’Intérieur chute dans notre baromètre mensuel Ipsos BVA-Cesi École d’ingénieurs pour « La Tribune Dimanche ». Une première depuis sa nomination.
Les dernières semaines ont été compliquées pour Bruno Retailleau. À peine a-t-il fini d'essuyer, début juin, les critiques sur sa gestion des émeutes urbaines qui ont suivi la victoire du Paris Saint-Germain en Ligue des champions que ses propres troupes, au Parlement, ont tiré à hue et à dia.
Les mégotages internes aux Républicains, qu'il préside depuis le 18 mai, ne lui facilitent pas la tâche. Sa popularité s'en ressent. Pour la première fois dans notre baromètre Ipsos BVA-Cesi École d'ingénieurs pour La Tribune Dimanche, le ministre de l'Intérieur voit sa cote de présidentiable perdre 4 points en l'espace d'un mois. Parmi les Français sondés, 25% se disent satisfaits à l'idée qu'il devienne chef de l'État.
L'ancien sénateur de Vendée reste ainsi dans le carré de tête - et le membre le plus apprécié du gouvernement -, mais se fait à nouveau doubler par Édouard Philippe. « Depuis qu'il a été élu à la tête de LR, Bruno Retailleau est bloqué sur un plateau, constate Brice Teinturier, directeur général délégué d'Ipsos BVA. À force de se rapprocher de la ligne du Rassemblement national sur plusieurs sujets sans avoir de résultats tangibles en matière de sécurité et d'immigration, son territoire se réduit. » Le locataire de la Place Beauvau a ainsi perdu des points aussi bien chez les sympathisants du bloc central - Renaissance, MoDem, Horizons - que chez ceux des Républicains et du RN.
Les premiers lui reprochent-ils ses saillies hostiles au subventionnement public des énergies renouvelables ? Alors que le pays vient d'enchaîner les journées caniculaires, le degré de préoccupation des Français pour la protection de l'environnement est en nette hausse selon Ipsos BVA.
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Idem pour la dette et les déficits, qui seront au cœur de l'actualité cette semaine lorsque François Bayrou fera ses annonces sur le prochain budget. Après avoir atteint une impopularité record pour un Premier ministre en exercice (19% d'avis favorables), le maire de Pau enregistre une très légère embellie : 2 points de plus par rapport à juin. Emmanuel Macron sort aussi un peu la tête de l'eau en atteignant les 24% d'avis favorables.
Le RN en haut du podium
Il est intéressant de noter que ces hausses timides sont alimentées à la fois par les sympathisants du centre et, surtout, des Écologistes, dont le taux de soutien au président de la République a quasiment doublé, passant de 16 à 31 %. « Ce ne sont que des répits, tempère Brice Teinturier, alors que le tandem Bardella-Le Pen, lui, marche toujours aussi bien. »
Avec 33% chacun de sondés souhaitant leur victoire à l'élection présidentielle, le patron du RN et la présidente du groupe frontiste à l'Assemblée nationale trustent toujours le haut du podium politique. Et ce malgré les déboires judiciaires du parti à la flamme et de sa « candidate naturelle » à l'Élysée.
À gauche, ce sont Raphaël Glucksmann et François Hollande qui récupèrent de l'oxygène. L'ex-chef de l'État et l'eurodéputé Place Publique ont chacun pris 3 points par rapport à juin, atteignant 19% dans leur cote de présidentiable. Ils tirent cette popularité principalement des sympathisants socialistes, mais aussi écolos - surtout - Glucksmann, avec 41% de soutiens et dans une moindre mesure des Insoumis, dont les dirigeants ont pourtant fait des deux sociaux-démocrates leurs bêtes noires.
Jean-Luc Mélenchon, au passage, remporte la palme du rejet avec 71% des Français qui ne souhaitent pas qu'il se voie confier les manettes du pays. Le leader LFI passe ainsi devant Éric Zemmour, crédité de 69% dans cet indice.