Dissolution : Retailleau entre deux feux
Jules Pecnard
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Bruno Retailleau à l'université des Républicains le 6 septembre.
LTD / Bastien Ohier / Hans Lucas via AFP
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Bruno Retailleau à l'université des Républicains le 6 septembre.
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L'échange n'aurait pas été aussi âpre qu'on le dit. Le 2 septembre, en milieu de journée, l'un des portables de Bruno Retailleau sonne. C'est le cas des centaines de fois par jour mais là, il s'agit de Nicolas Sarkozy. L'ancien président de la République appelle le ministre de l'Intérieur pour l'informer d'une interview qu'il a accordée au Figaro. Dedans, il déclare qu'Emmanuel Macron n'aura d'autre choix, pour dénouer la crise que traverse la France, que de dissoudre encore l'Assemblée nationale.
Les Républicains sont pourtant dans une situation encore bien fragile pour affronter de nouvelles élections législatives. Nicolas Sarkozy y dédramatise aussi l'émergence d'une majorité décrochée par le Rassemblement national en incluant celui-ci dans « l'arc républicain ». L'un des principaux objectifs de Marine Le Pen est pourtant de remplacer la droite.
La question est devenue ritournelle : à quoi joue l'ex-patron de LR ? Dans l'entourage de Bruno Retailleau, on le soupçonne d'envoyer des signaux à l'électorat RN pour donner un coup de main à son fils Louis Sarkozy, candidat aux municipales à Menton, ville solidement frontiste. Agacé mais courtois, Bruno Retailleau n'avait pas grand-chose à répondre à son interlocuteur, si ce n'est qu'il le desservait et que le timing n'était « pas du tout le bon ».
On peut le comprendre. Depuis que François Bayrou a stupéfié la classe politique en annonçant qu'il se soumettrait à un vote de confiance, le Vendéen a enchaîné les peaux de banane au sein de son propre camp. Un test prématuré de son assise, incontestable au vu de sa nette victoire du printemps face à Laurent Wauquiez, mais fragilisée par les désaccords internes aux Républicains quant à la nécessité de gouverner avec le centre et la Macronie.
Jules Pecnard