90 ministres, députés et sénateurs Renaissance, LR, Horizons et MoDem signent une tribune, publiée en exclusivité par « La Tribune Dimanche », en faveur de l'union pour 2027.C’est un appel qui pourrait faire date. Son titre : « Pour la France, construisons l’union ! » Il est signé par 90 élus de la droite et du centre. C’est un message clair envoyé à Édouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau et tous les autres prétendants au sein de ce camp à la prochaine élection présidentielle. « Nous appelons à un sursaut d’unité pour créer les conditions d’un large rassemblement autour d’un projet et d’une candidature unique en 2027 », y est-il écrit.
Depuis des mois, la multiplicité des ambitions élyséennes ne cesse d’inquiéter à droite et au centre. Un trop-plein de candidatures menace en effet de voir cette sensibilité absente du second tour du scrutin de l’an prochain au profit du RN et de la gauche. Face à ce risque, cette tribune se veut un appel à la raison. « Nous demandons solennellement aux dirigeants de nos familles politiques, aux candidats déclarés et à celles et ceux qui pourraient demain y participer de dialoguer et de construire cette démarche [d’union] », plaident les signataires, qui ont décidé de ne faire eux-mêmes aucune recommandation de méthode (primaire, sondages…) pour départager les différents prétendants.
Dans le détail, on dénombre parmi les 90 « unitaires » neuf ministres du gouvernement Lecornu, dont Maud Bregeon, sa porte-parole, qui a été la cheville ouvrière de cette tribune ; Stéphanie Rist, la ministre de la Santé ; Naïma Moutchou, chargée des Outre-Mer ; Vincent Jeanbrun, à la tête de la Ville et du Logement ; 65 députés et 16 sénateurs. Si on les classe par famille politique, 44 d’entre eux sont issus de Renaissance, 25 des Républicains, 8 d’Horizons, 5 du MoDem, 5 de l’UDI, et 3 du groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires (Liot) à l’Assemblée nationale.
Partitions divergentes
Que penseront de cette initiative Édouard Philippe, Gabriel Attal et Bruno Retailleau ? Face à la pression qui monte, les trois hommes – qui se parlent notamment par l’entremise de Gérard Larcher – font pour l’instant la sourde oreille. Cette semaine, où chacun a préféré jouer sa partition, en a été l’illustration. « Le moment venu, j’entrerai dans la campagne présidentielle de manière déterminée », a réaffirmé mardi 24 mars sur France 2 le chef d’Horizons. Sorti très renforcé de sa large réélection au Havre, il apparaît désormais en position de force.