Dix jours après le double séisme qui a fait au moins 2.700 morts, les rescapés se sentent abandonnés par les autorités. Reportage au cœur de la catastrophe.À Catia La Mar, la même scène se répète depuis dix jours. Des hommes – désormais casqués et gantés – fouillent les restes du complexe hôtelier Playa Grande à la recherche de survivants. Jeudi, l’un d’eux a été retrouvé au milieu d’un amas de ferraille et de béton, après huit jours de calvaire. Mais depuis, les secouristes ne sortent plus que des corps. L’odeur insupportable qui a envahi les lieux ne trompe pas : il reste des cadavres sous les décombres. « Il y a de la pierre partout, c’est très difficile de progresser », lâche l’un des sauveteurs.
À l’image de Playa Grande, ce sont plus de 400 bâtiments qui se sont effondrés à La Guaira après le double séisme d’une magnitude de 7,2 et 7,5 – les plus puissants à avoir frappé le Venezuela depuis l’année 1900 – survenu le 24 juin. La région côtière, située à une trentaine de kilomètres au nord de Caracas, n’a plus rien du paysage de carte postale qui faisait sa renommée. La mer des Caraïbes baigne désormais un paysage apocalyptique. Jeudi, le gouvernement vénézuélien dénombrait 2 645 morts. Le bilan devrait s’alourdir : l’ONU évoque 50.000 disparus.
Sur les ruines de Playa Grande, l’unique pelleteuse au travail paraît bien seule face à l’ampleur des dégâts. « Le nombre de secouristes, étatiques ou humanitaires, est beaucoup trop faible comparé aux besoins, que ce soit en matière de déblaiement et de sauvetage, comme d’assistance aux personnes affectées », déplorait mardi, après avoir parcouru la zone sinistrée, Romain Mille, directeur de Première Urgence Internationale au Venezuela.