Les partisans du texte sur la fin de vie savent qu’ils vont passer un mauvais moment. La proposition de loi sur l’aide à mourir et celle sur les soins palliatifs seront examinées à partir de mardi 20 janvier dans l’hémicycle du Sénat, dominé par une alliance de la droite et des centristes.
Mais en commission, les sénateurs ont déjà largement amputé ce droit, en transformant le dispositif en « assistance médicale à mourir » pour les seuls patients dont le pronostic vital est engagé « à court terme », soit une espérance de vie de quelques jours.
Les députés avaient, eux, ouvert beaucoup plus largement l’accès au dispositif aux patients « atteints d’une maladie grave et incurable », « en phase terminale » mais également « en phase avancée ». « Le Sénat ne s’oppose plus au principe même de l’aide à mourir ; mais ça devient une loi pour rien ou pour pas grand-chose, souffle son rapporteur à l’Assemblée nationale, Olivier Falorni, infatigable défenseur du texte. En apparence, les sénateurs donnent un début d’ouverture pour ne pas apparaître hors de la société, mais en réalité c’est une fermeture à double tour. » Le vote solennel dans cette chambre jugée plus conservatrice que l’Assemblée est prévu le 28 janvier.
Les deux textes reviendront au Palais-Bourbon la seconde quinzaine de février. Les députés devraient rétablir une version conforme à celle qu’ils avaient votée en mai dans un rare moment de consensus. Mais la commission mixte paritaire qui réunit députés et sénateurs, ultime étape avant l’adoption d’un texte, a toutes les chances d’échouer. Dans ce cas, les députés auront le dernier mot. Olivier Falorni espère toujours que le Parlement entérinera définitivement le texte d’ici à l’été. Ce sera la dernière réforme sociétale de l’ère Macron, qui a promis lors de ses vœux que l’exécutif irait « au bout du travail législatif ».