La convention citoyenne sur la fin de vie (CCFV), réunie voici bientôt deux ans, concluait ainsi son Manifeste : « Il est temps que la parole citoyenne soit pleinement entendue et prise en compte. » Hélas, le projet de loi (PJL), déposé par le gouvernement au printemps 2024 seulement, fut balayé par la dissolution à une semaine de son vote à l'Assemblée nationale. La presse a évoqué la semaine dernière une lettre ouverte qu'allait publier notre association apartisane, Les 184, membres de la CCFV, pour que le débat reprenne avant fin 2024.
Cette reprise venant entre-temps d'être annoncée pour fin janvier 2025 à l'Assemblée nationale, notre association en prend acte. Pour autant, le débat parlementaire sur la fin de vie ne saurait souffrir d'autres reports ou retards, car « la maladie, elle, n'attend pas »... comme le rappela Loïc Résibois, dont la mort en septembre émut la France. Refusant de mourir à l'étranger, il espérait une loi prochaine, et décéda « écœuré par les reports successifs » selon ses écrits, et plein d'angoisse selon ses proches.
Pour mémoire, dès avril 2023, la qualité des travaux de la CCFV avait été largement saluée, et le président de la République avait pris un double engagement sur les soins palliatifs et l'aide à mourir : une Stratégie décennale sur les soins d'accompagnement et un PJL sur la fin de vie avant l'automne 2023. La Stratégie décennale, qui ne fut adoptée qu'au début de 2024, inclut un financement augmentant chaque année de 100 millions d'euros. Vu la nécessité d'améliorer partout en France l'accès aux soins palliatifs, la sanctuarisation de ce financement doit être confirmée.