La semaine s’annonçait déjà périlleuse pour les relations entre l’exécutif français et les agriculteurs, tendues depuis la crise agricole de 2024. Malgré le refus de l’ensemble des syndicats agricoles français, la Commission européenne espère soumettre au vote des États membres le traité de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, à l’occasion du Conseil européen prévu jeudi 18 et vendredi 19 décembre.
La propagation soudaine de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie vient secouer cet équilibre déjà fragile, en ajoutant de l’huile sur le feu de la colère agricole qui n’a jamais cessé de couver. Apparue en France fin juin, cette maladie, qui frappe les bovins mais n’est pas transmissible à l’homme, avait jusqu’à présent été contenue dans l’est de l’Hexagone (Auvergne-Rhône-Alpes et Bourgogne-Franche-Comté) grâce à une stratégie radicale impliquant le « dépeuplement total des bovins des foyers infectés » et, dans un rayon de 50 kilomètres alentour, des limitations de mouvements du bétail ainsi que l’obligation vaccinale.
Le ministère de l’Agriculture fait valoir sa « conformité avec les obligations européennes » comme son efficacité. Un million de bêtes ont déjà été vaccinées, selon la ministre Annie Genevard, qui a annoncé hier l’intention du gouvernement d’en vacciner encore « près de 1 million » en Nouvelle-Aquitaine et Occitanie. Mais, pour les éleveurs concernés, le recours à l’abattage complet est un traumatisme. Les deux syndicats majoritaires, la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs, sont de plus en plus seuls à le défendre, au nom de son fondement scientifique.