Personne ou presque n'est contre la production de gaz renouvelable. Et pour cause, produire du gaz grâce à nos déchets verts plutôt que d'acheter à la Russie sa ressource fossile est une idée qui fait consensus. La preuve : le gaz renouvelable ne fait pas partie des installations énergétiques pour lesquelles la droite et l'extrême droite ont voté un moratoire la semaine dernière. Mais tout de même, quand il s'agit d'implanter un méthaniseur sur sa commune, l'affaire devient plus délicate. Loin des maisons, à l'abri des regards, mais proche d'une route, les entreprises cherchent ces endroits idéaux pour y installer ces gros dômes verts où la magie du biométhane opère.
Le développeur d'énergies renouvelables CVE a mis la main sur cette denrée rare en Gironde. À une vingtaine de kilomètres au sud de Bordeaux, dans la forêt des Landes de Gascogne, deux méthaniseurs ont été raccordés au réseau de gaz en début d'année dans la commune de Mios. Cernée de pins maritimes, l'installation capte les déchets verts des habitations du bassin d'Arcachon, les fumiers d'un domaine équin ou les matières végétales d'exploitations agricoles.
« Ces déchets sentent assez mauvais quand ils se dégradent », commente un représentant de l'entreprise. Ce que l'on constate aisément à l'approche des tas de matière organique. Heureusement, pas d'habitation aux alentours. Et surtout : « Tous les intrants odorants sont stockés dans un bâtiment fermé, équipé d'un système de filtration de l'air. » Un dispositif que la réglementation n'impose pas, mais que le développeur a choisi d'installer malgré son coût.