Dans son bureau, il reste encore des cartons à déballer. Laurent Nuñez ne s’y est pas encore attelé depuis son installation Place Beauvau, le 12 octobre. Tout est allé si vite pour le nouveau ministre de l’Intérieur. Le cambriolage du Louvre, l’attaque sur l’île d’Oléron commise par un individu radicalisé, la mort à Lille de Mathis, percuté par un automobiliste ayant consommé du protoxyde d’azote, l’ont tout de suite placé sous le feu des projecteurs.
Parallèlement, en coulisses, il a joué un rôle clé dans la reprise des négociations avec l’Algérie pour obtenir la libération de l’écrivain Boualem Sansal. Sa nomination avait été perçue comme un signal décisif pour les autorités algériennes, qui ne voulaient plus entendre parler de Bruno Retailleau. Lui se refuse à entrer sur ce terrain-là. Il a une grande estime pour son prédécesseur, avec qui il juge avoir très bien travaillé.
Au fond, qui a été surpris par son arrivée au poste de premier flic de France ? Laurent Nuñez est un homme du président. Pour son gouvernement, le Premier ministre cherchait des profils moins politiques. Le préfet de police de Paris n’était-il pas un professionnel reconnu par tous ? À ce poste, il avait ainsi su nouer de très bonnes relations avec Anne Hidalgo aussi bien qu’avec Valérie Pécresse. La présidente LR de la Région Île-de-France, qui l’a félicité pour sa nomination Place Beauvau, a toujours considéré qu’il avait été un des hommes-clés de la réussite des JO à Paris.