« Jordan Bardella peut gagner à ma place » : Marine Le Pen, l'imminence d'un destin
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Pour Marine Le Pen, Jordan Bardella a les armes pour gagner à sa place.
LTD/Stephane Mahe/REUTERS
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Pour Marine Le Pen, Jordan Bardella a les armes pour gagner à sa place.
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J’ai rendez-vous avec le seul personnage politique de premier plan qui a entendu parler de la présidentielle tous les matins, dès l’âge du biberon, dans le parc de Montretout à Saint-Cloud. Milieu de la semaine écoulée. Il fait brutalement très froid dehors. Les lèvres des passants sont dévorées jusqu’à l’entrée de l’Assemblée nationale, qui, elle, est plutôt réchauffée et joyeuse. Contrôle de rigueur, badge. Il est 11 h 45. J’accède à son bureau : « Vous avez trois quarts d’heure, j’ai rendez-vous avec Jordan à midi et demi. »
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La veste est noire. Sobre. La vapoteuse à proximité, le cheveu blond polaire. Rien ne traduit la moindre anxiété dans la perspective du procès qui s’ouvre mi-janvier avec une décision avant l’été. Derrière elle, le drapeau français semble surveiller le camarade Durand qui s’est parfois confronté à elle, à la télévision ou à la radio. Immédiatement, mon cerveau congelé se réchauffe avec le Grec Ésope (v. -620-v. -564), qui a inspiré les fables de La Fontaine : « On ne peut rien changer à son destin. » Avant même le développement de notre conversation, c’est cette impression de fatalité combative qui s’impose. Quoi qu’il arrive, elle aura porté le RN à des niveaux jamais vus.