Catherine Morin-Desailly, sénatrice centriste de Seine-Maritime : « La seule interdiction des réseaux sociaux ne suffit pas »
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La sénatrice Catherine Morin-Desailly.
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LA TRIBUNE DIMANCHE – Notre sondage montre un consensus sur la nécessité de réguler l’utilisation des réseaux sociaux par les mineurs. Partagez-vous ce constat ?
CATHERINE MORIN-DESAILLY – Tous les experts, les parents, les représentants de la communauté éducative que nous avons auditionnés font ce constat et sont parfois démunis. Il y a la question du temps d’écran, notamment chez les tout-petits. Mais aussi celle des contenus. Le fait d’être happé par des algorithmes conçus pour être addictifs est problématique. Vous scrollez à l’infini dans votre fil d’actualité où se succèdent des contenus plus ou moins délétères. Il y a une responsabilité des plateformes qui imposent ce modèle économique, même si elles nous disent la main sur le cœur que ce n’est pas de leur faute.
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Quel est l’objectif de votre proposition de loi, à laquelle s’ajoutent un texte de la députée Laure Miller et un autre – à venir – du gouvernement ?
Le texte comporte des mesures éducatives, sanitaires et un positionnement sur le seuil minimal d’accès aux réseaux sociaux. Il s’agit d’abord de former et d’informer les enfants mais aussi les enseignants, les éducateurs, les médecins et tous les adultes. Cela s’ajoute à une campagne d’information massive sur les écrans, chez les professionnels de santé et sur les emballages d’appareils. Je souhaite aussi intégrer un cadre numérique dans les projets d’établissement des écoles. Le but étant de conforter les parents qui, à la maison, peuvent revendiquer la déconnexion et l’utilisation des écrans à bon escient. Ce texte se différencie de celui déposé à l’Assemblée nationale car il insiste sur la prévention, la non-culpabilisation et l’usage raisonné. Il ne s’agit pas de vivre à l’écart de son temps. La seule interdiction des réseaux sociaux ne suffit pas. Nous proposons une approche systémique.