Ministres LR au gouvernement : d’alliés à traîtres dans la tempête Retailleau
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Annie Genevard, ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire.
LTD / Adnan Farzat / NurPhoto via AFP
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Annie Genevard, ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire.
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Le soir du 11 octobre, il pensait encore l’embarquer avec lui. Quelle ne fut pas l’amertume de Bruno Retailleau lorsqu’il comprit, deux jours après la reconduction de Sébastien Lecornu à Matignon, qu’Annie Genevard resterait à bord du navire gouvernemental. Plus qu’une collègue, la ministre de l’Agriculture n’est-elle pas une amie du président des Républicains ?
Découvrant son choix par une indiscrétion du Figaro, le secrétaire général du parti, Othman Nasrou, a composé son numéro pour la prévenir : « Ce serait un aller sans retour. » Il n’est pas entendable pour lui qu’il puisse demeurer six ministres LR alors que leur chef a quitté la Place Beauvau avec perte et fracas. D’où le courrier qui leur a été adressé jeudi 16 octobre, après un coup de semonce initial, pour signifier leur exclusion du mouvement.
Annie Genevard, mais donc aussi Philippe Tabarot, qui a conservé le portefeuille des Transports, comme Rachida Dati celui de la Culture, puis les nouveaux arrivants Vincent Jeanbrun (Ville et Logement), Nicolas Forissier (Commerce extérieur) et Sébastien Martin (Industrie), ont jusqu’à mercredi 22 octobre pour adresser un contradictoire aux instances dirigeantes de la droite. Lesquelles ont prévu de tenir un bureau politique le même jour. « Étrange coïncidence », s’amuse un conjuré, flairant là une mise en scène digne du Soviet suprême.
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La réalité est pourtant simple. Comme les députés LR, dont l’écrasante majorité n’a pas voté la censure de Sébastien Lecornu malgré ses stupéfiantes concessions au Parti socialiste, ces ministres contribuent à brouiller la ligne de Bruno Retailleau. Il y a deux semaines, il était des leurs, en cogestion avec la Macronie ; désormais, il leur reproche de capituler. Plusieurs voulaient riposter avant même que ne tombe la sentence. L’idée a été débattue lors du pot auquel Annie Genevard a convié, dans la soirée du lundi 13 octobre, à son ministère, ses cinq camarades. Ils ont finalement opté pour la discrétion.