Accusé de complaisance avec l’islamisme, Jean-Luc Mélenchon berce l’Assemblée

Le fondateur du parti La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon.
LTD / Magali Cohen / Hans Lucas

Le fondateur du parti La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon.
LTD / Magali Cohen / Hans Lucas
Le moment était attendu. Mal emmanchée après avoir servi d’objet politique à Laurent Wauquiez pendant la campagne interne des Républicains au printemps, la commission d’enquête parlementaire « sur les liens existants entre les représentants de mouvements politiques et des organisations et réseaux soutenant l’action terroriste ou propageant l’idéologie islamiste » a fini par auditionner ce samedi 6 décembre Jean-Luc Mélenchon.
Son mouvement, La France insoumise, est accusé depuis des années de complaisance avec le communautarisme islamique et, en bout de course, avec l’islam politique.
Dès son propos liminaire, on a vu le triple candidat à l’élection présidentielle endosser son costume favori : celui de l’instituteur républicain multipliant, avec érudition, les références historiques, de Philippe le Bel à Jaurès en passant par le théologien Robert de Sorbon.
L’ancien socialiste a pu dérouler pendant plus de 1h30 face à un auditoire bien garni en fidèles, notamment les députés Mathilde Panot, Aurélien Saintoul, Bastien Lachaud et le trotskiste Jérôme Legavre.
Les questions précises du rapporteur de la commission, l’UDR Matthieu Bloch, l’ont peu déstabilisé. L’entrisme islamiste ? « Aucun ne me concerne ni ne concerne les insoumis. » Son évolution depuis 2015 sur la laïcité, dont la critique se répand de plus en plus au sein de la communauté musulmane selon les enquêtes réalisées sur le sujet (Mélenchon en récuse toute fiabilité) ? « Oui, j’ai renoncé à une forme d’anticléricalisme grossier. » Son évolution sur le hidjab, qu’il qualifiait jadis de signe de soumission ? « C’est l’État qui est laïque, pas la rue. (...) Les gens se mettent ce qu’ils veulent sur la tête. »
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Considérant que les travaux effectués par la commission l’avaient déjà disculpé de toute compromission avec l’islam radical, le leader de LFI a tenu sa ligne habituelle : ce sont avant tout les musulmans qui font l’objet de persécutions en France et il se doit, conformément à sa doctrine humaniste, de les défendre. Et tant pis si un flou demeure quant aux comportements hautement problématiques qu’il tolère chez certaines de ses ouailles.