Dans un silence absolu, un membre des Eris (équipes régionales d’intervention et de sécurité), ces unités dépendant de l’administration pénitentiaire, fait minutieusement glisser le verrou de la cellule avec sa main droite gantée. Derrière lui, dans cet immense couloir de la prison de Fleury-Mérogis, une colonne de cinq de ses collègues cagoulés, casqués et équipés de protections et de boucliers. Le dispositif est impressionnant : près de 200 agents, tous services confondus, étaient mobilisés ce mercredi soir dans la plus grande prison d’Europe. La porte s’ouvre d’un coup sec, le premier s’écrie : « Eris ! Fouille de cellule, levez-vous, sortez les mains sur la tête ! »
Un par un, les détenus sortent, un peu hébétés, la palpation est soutenue, les menottes leur sont rapidement mises. « L’idée est de jouer l’effet de surprise pour qu’ils n’aient pas le temps de se débarrasser des téléphones », explique Sacha Straub Kahn, le porte-parole du ministère de la Justice. Deux téléphones seront retrouvés sous le matelas, grâce notamment au nouvel outil dont la pénitentiaire semble fier : un détecteur d’ondes – d’une valeur de 40.000 euros – qui permet de déceler depuis le couloir la présence d’un smartphone, même éteint. Malgré l’alerte, pas d’appareil dans celle d’à côté, mais un bout de résine de cannabis dans le pot de tabac à rouler.