Pour les narcos français en cavale, mieux vaut éviter le Maroc. Il y a quinze jours, l’extradition de deux Toulousains, trafiquants de drogue présumés appartenant au réseau dit « Arai Farmers », est une nouvelle fois venue illustrer la bonne coopération judiciaire et policière de part et d’autre de la Méditerranée. Selon David Charmatz, le procureur de Toulouse chargé de l’instruction, ce réseau « opérant depuis Barcelone sous l’autorité de commanditaires installés au Maroc, en utilisant la messagerie Telegram » a fait transiter de la drogue entre l’Espagne et le sud de la France sur une période courant de janvier 2021 à février 2024.
Après quoi, au moins quatre de ses chefs se seraient volatilisés au royaume chérifien. Ce n’est qu’un an et un mandat d’arrêt européen plus tard, en février 2025, que les deux Toulousains seront arrêtés par la police marocaine et placés en détention, le temps de l’accomplissement des formalités judiciaires et diplomatiques, avant d’être remis à la France le 27 novembre dernier.
Quelques jours plus tard, le 2 décembre, sur le réseau social X, le ministre de la Justice Gérald Darmanin remerciait les autorités marocaines pour leur coopération. Cette loin d’être un fait unique en 2025. Selon nos informations, les demandes d’extradition de la France figurent parmi les plus nombreuses. Le nombre de commissions rogatoires exécutées par le Maroc à la demande de la France est passé de 83 en 2022 (sur 288 émanant de 35 pays) à plus d’une centaine en 2024 mais aussi en 2025. De part et d’autre, on vante une coopération qui « fonctionne plutôt très bien » par rapport à d’autres pays, avec 95% des demandes traitées dans des délais raisonnables.