Léa Moukanas, fondatrice de l’association Aïda : « À 20 ans, comment se reconstruire après un cancer ? »

Léa Moukanas est la fondatrice de l’association Aïda.
LTD/Solène Deguet

Léa Moukanas est la fondatrice de l’association Aïda.
LTD/Solène Deguet
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LA TRIBUNE DIMANCHE — Comment est né ce projet ?
LÉA MOUKANAS — Depuis 10 ans, Aïda est engagée pour améliorer le parcours de soins des jeunes entre 15-35 ans face au cancer et les accompagner pendant et après les traitements. Le constat est sans appel : à la sortie de l’hôpital, c’est le vide. Beaucoup de jeunes ressentent le besoin d’être accompagnés sans forcément toujours trouver de solutions adaptées. Santé mentale, travail, études, amitiés, amours, rapport au corps… Autant de thèmes qui suscitent de nombreuses interrogations chez ces jeunes à un âge déjà si particulier. Comment se reconstruire physiquement et mentalement quand on a eu un cancer à 20 ans ? Où rencontrer d’autres jeunes passés par là ? Est-ce normal de se sentir mal alors qu’il y a l’injonction de « tourner la page » ? L’enquête IPSOS/Aïda réalisée en 2025 a démontré que 65 % des jeunes malades jugent l’après maladie plus difficile que les traitements. Il fallait réagir.
Quel est l’objectif de ce tiers-lieu ?
C’est une première en France. Avec la Maison Aïda, nous voulons briser l’isolement des jeunes à la sortie des traitements et leur offrir un espace qui leur ressemble : un lieu de vie d’innovation et de reconstruction, pense par et pour eux. Face à l’afflux d’informations et à la multitude d’interlocuteurs, l’objectif est aussi de faciliter l’accès en rassemblant l’ensemble des parties prenantes au sein d’un même lieu : jeunes bien sûr, mais aussi associations, professionnels de santé, hôpitaux, partenaires publics et privés. Ce tiers-lieu sera comme une sorte de « sas », c’est-à-dire un espace après l’hôpital et avant la reprise d’une vie plus normale pour accompagner la sortie des traitements et aider le jeune, et son entourage, à se reconstruire.
Concrètement, qu’est-ce que ces jeunes vont pouvoir trouver dans ce lieu ?
Imaginez près de 1000m2 dans Paris. À votre droite à l’entrée, un café aux couleurs chaleureuses et accueillantes, avec une grande scène et une programmation événementielle riche. Des espaces de travail partagés, et puis jamais très loin, l’équipe d’Aïda qui œuvre. Au fond de la cour, un espace de soin et de soins de support lumineux. Des ateliers proposés pour prendre soin autant des corps que des esprits : santé mentale, activité physique adaptée, santé sexuelle et vie intime / affective, nutrition, réinsertion professionnelle. Et puis des espaces d’information, de prévention et des salles de formations pour accueillir patients et professionnels de santé. C’est toute l’âme d’Aïda qui vivra dans ce lieu. Un espace pensé pour accompagner la santé des jeunes, et y développer les projets innovants de demain.
Un projet ambitieux, quel est le budget global de l’opération ? Et comment comptez-vous trouver les fonds nécessaires ?
Oui, le projet est ambitieux mais à la hauteur de l’enjeu ! Le budget global s’élève à 6 millions d’euros sur 3 ans. À ce jour, 2 millions d'euros ont déjà été collectés, grâce à la mobilisation de mécènes engagés, comme Malakoff Humanis, soutien fondateur de la Maison Aïda. Pour finaliser le projet et permettre son ouverture au 2e trimestre 2026, nous lançons un appel aux dons aux entreprises, fondations, philanthropes et acteurs publics et nous les invitons à rejoindre cette aventure solidaire exceptionnelle en contribuant, ainsi, à la création d’un nouveau modèle de santé réplicable partout en France.
Quelles sont les prochaines étapes ?
Travaux, boulot, travaux ! Le chantier est en cours et nous redoublons d’efforts pour être prêts au printemps 2026. Tout le monde est mis à contribution : patients, professionnels de santé, équipe Aïda, mais nous avons encore besoin de soutien pour pouvoir réaliser ce rêve en plein cœur du 10e arrondissement de Paris dans une rue au nom évocateur : Rue du Paradis !
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À propos d’Aïda
Creee en 2015, Aïda est l’association de référence pour l’accompagnement des jeunes qui font face au cancer. Depuis 10 ans, elle accompagne chaque année 2200 jeunes entre 15-35 ans pendant et après les traitements grâce à̀ l’engagement de plusieurs milliers de bénévoles. L’association a été créée par Léa Moukanas, alors âgée de 15 ans, et a remporté de très nombreux prix depuis sa création. Elle est aujourd’hui devenue un acteur incontournable de la santé des jeunes.
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