Charles Berling : « Edgar Morin adorait la Méditerranée, sa matrice »

Charles Berling et Edgar Morin, décédé le vendredi 29 mai 2026.
LTD/COLLECTION PARTICULIERE

Charles Berling et Edgar Morin, décédé le vendredi 29 mai 2026.
LTD/COLLECTION PARTICULIERE
C’était un universaliste, une valeur en péril aujourd’hui. Edgar Morin conservait un optimisme impressionnant, curieux de tout. Il avait le goût de la vie profondément ancré en lui : c’est dingue à 104 ans ! Et il continuait à nous donner des leçons de joie malgré le chaos du monde….
Je l’avais invité il y a une dizaine d’années pour donner une conférence aux côtés de Boris Cyrulnik à Châteauvallon, dans le Var, le lieu culturel que je dirige avec le théâtre Liberté à Toulon. Après, il avait parlé avec les gens, c’était prodigieux. Il gardait une mémoire intacte et pouvait vous chanter l’opéra de Quat’sous.
Je l’avais logé au Grand Hôtel des Sablettes Plage, à la Seyne-sur-Mer. Depuis, il y revenait régulièrement pour une quinzaine de jours. C’était un Méditerranéen. Il regardait la mer, on était bien, on parlait. Je l’emmenais naviguer à bord de mon voilier. Il y a deux ans, nous avions été en famille à Porquerolles, avec sa femme Sabah, ma compagne, les enfants.
Nous avions fait le tour de l’île à vélo et il ne pédalait plus très bien. Il m’avait alors dit : je vais m’entraîner et je reviendrai l’année prochaine ! Il adorait la Méditerranée, sa matrice, profondément ancrée en lui. L’année dernière, j’étais venu le chercher à l’arrivée du TGV où il m’attendait, debout, avec un sourire immense car il savait qu’il allait revoir la mer. Il devait revenir ce mois de mai. « Bientôt les Sablettes ! », m’avait-il écrit fin avril dans un texto. On échangeait surtout sur Facetime et il m’avait dit : « Je veux revoir la mer, encore. »