Marc Trévidic, magistrat : « Tout le personnel politique a du mal à avaler qu’on puisse mettre un ancien président en prison »
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Le magistrat Marc Trevidic.
LTD /JOEL SAGET / AFP
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Le magistrat Marc Trevidic.
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LA TRIBUNE DIMANCHE — L’ancien président dormira mardi 21 octobre en prison. Que vous inspire cet événement majeur dans l’histoire de la justice française ?
MARC TRÉVIDIC — Jamais personne n’aurait imaginé cela il y a quelques décennies. Je peux vous dire que cela ne fait plaisir à personne puisque cela donne une mauvaise image de notre pays. Mais ce qui me gêne, c’est que je ne suis pas sûr que cela soit bien nécessaire, cela n’aurait pas été gênant qu’il soit en liberté.
Quelles traces cet épisode peut-il laisser ?
Si la cour d’appel le met dehors, les Français ne vont rien comprendre. Tout le monde va penser que la justice en première instance en a voulu à Nicolas Sarkozy, ce qui n’est pas le cas. Une très ancienne critique de la justice consiste à dire qu’elle n’est pas la même pour tous, ce qui a probablement été vrai, mais aujourd’hui il y a une tendance à surcompenser.
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Vous racontez dans votre livre* les débuts de l’affaire Urba – financement occulte du PS – en citant Bob Dylan (« The times, they are a-changin’ », les temps changent). Assiste-t-on à un changement d’époque avec ces condamnations de Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen ?
Les années 1990, c’était la période où la justice commençait à mettre son nez, avec efficacité, dans les affaires politico-financières. L’affaire Urba touchait le PS, un parti qui était au pouvoir, c’était une première. La réaction de Nicolas Sarkozy à la sortie de la salle d’audience n’est pas plus violente que celle de Kiejman [ministre délégué à la Justice en 1991] qui avait parlé de « cambriolage judiciaire » après une perquisition. On peut évidemment faire une analogie avec la période qu’on vit aujourd’hui.