LA TRIBUNE DIMANCHE – Vous avez intitulé le hors-série de Charlie Hebdo que vous consacrez à l’anniversaire de la loi de 1905 : « Cette laïcité que le monde nous envie ». C’est ce qui s’appelle du second degré ?
RISS – C’est juste qu’ils ne le savent pas ! Ils ne se rendent pas compte de ce à côté de quoi ils passent !
Les premiers qu’il faut convaincre, ce sont les Français, non ? Que peut-on dire à des jeunes d’aujourd’hui de la loi de 1905 ?
C’est ce que je leur dis, notamment quand je vais dans les banlieues. Cette loi est peut-être la dernière chose qui nous appartient à tous. Notre dernier socle commun. Ce n’est pas une loi qui exclut ou qui stigmatise ; c’est parce que chacun y est soumis que ça bénéficie à tout le monde. Je leur dis que ce n’est pas contre eux mais que c’est pour tout le monde. Je leur raconte l’Histoire. Car beaucoup n’ont jamais entendu parler de la Saint-Barthélemy. Il faut leur expliquer d’où vient cette loi, pour qu’ils en comprennent la logique. « Il ne faut pas prendre ça personnellement. On n’a pas créé ça aujourd’hui contre vous qui êtes dans les banlieues, ça vient du XVIe siècle, ça protège nos libertés à tous. Un jour, vous vous apercevrez que ça vous servira. »