Dix ans après l'attentat : les enfants de « Charlie »
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Après l'attentat, les mobilisations en soutien à Charlie Hebdo se sont multipliées.
LTD/LAURENT HAZGUI/DIVERGENCE
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Après l'attentat, les mobilisations en soutien à Charlie Hebdo se sont multipliées.
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Cet après-midi-là, Pierrick Juin accompagne sa femme à des obsèques. Il pleure. Ses larmes pourtant ne sont pas pour celui que l'on enterre devant lui. Elles sont pour Cabu, Charb, Wolinski, Tignous et Honoré, pour Elsa Cayat, Bernard Maris, Mustapha Ourrad, Michel Renaud et Franck Brinsolaro. Nous sommes le 7 janvier 2015, deux terroristes viennent de surgir dans les bureaux de Charlie Hebdo. Armés de kalachnikovs, ils ont froidement tiré sur ceux qu'ils ont trouvés assis dans cette salle de réunion de la rue Nicolas-Appert, dans le 11e arrondissement de Paris. Violence inouïe du fanatisme religieux contre l'humour et la liberté, la dérision et l'impertinence. Douze tués en tout et onze blessés, dont quatre grièvement.
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Mais Charlie n'est pas mort. Parmi les millions d'anonymes qui dès le soir du 7 se réunissent pour exprimer leur solidarité, des journalistes en herbe et des dessinateurs débutants se trouvent une vocation : prendre la relève, ne pas laisser la terreur l'emporter. Passé par les Beaux-Arts, Pierrick Juin est illustrateur graphiste pour gagner sa vie. « Être publié aux côtés de Charb et de Cabu, c'était un rêve, brisé ce 7 janvier », lâche-t-il. Chez lui à Nancy, le jeune homme prend le crayon et croque sur papier ce que l'attentat lui inspire. Le 14, il sort à l'aube pour être certain de trouver en kiosque le numéro 1178 de l'hebdomadaire, celui dit des survivants, imprimé à près de 8 millions d'exemplaires, vendus en quelques heures.