Ce que l'on sait de la mort de Quentin, le militant nationaliste agressé à Lyon

Les quais de Fourchais, à Lyon, où Quentin a été agressé jeudi 12 février 2026
Reuters/LTD

Les quais de Fourchais, à Lyon, où Quentin a été agressé jeudi 12 février 2026
Reuters/LTD
Vendredi 13 février, des combats ont éclaté après l'agression de Quentin, survenue la vielle. « Des échauffourées et une rixe entre des militants d'extrême droite et d'extrême gauche » comme il s'en produit « très régulièrement » dans ce secteur du centre-ville. Selon le collectif Némésis, Quentin faisait partie du service d'ordre chargé d'assurer la sécurité des militantes qui manifestaient près de l'IEP de Lyon contre une conférence de Rima Hassan.
C'est alors que des manifestantes ont été « agressées », selon le collectif. Sa présidente, Alice Cordier, a diffusé sur X une vidéo tournée près de l'IEP, depuis supprimée, où l'on voit un groupe de jeunes gens entourer deux jeunes femmes au visage caché sous un foulard, aux cris de « fascistes, racistes, c'est vous les terroristes ». Un jeune homme enroule alors d'un bras le cou de l'une des jeunes femmes et la projette à terre.
Les hommes, dont Quentin, chargés de la protection des militantes de Némésis «n'ont pas pu leur porter secours (...) car ils ont été poursuivis par un groupe d'une trentaine d'antifas », affirme Némésis. C'est alors que Quentin « a été attaqué avec une extrême violence », il a été « balayé au sol, son crâne a tapé, puis il a été lynché à coups de pieds », selon le collectif.
Les pompiers ont indiqué avoir secouru vers 19H40 deux personnes, Quentin et un de ses amis, quai Fulchiron, dans le 5e arrondissement, à près de 2km de l'IEP. « Très grièvement blessé », Quentin avait été hospitalisé à Lyon.
Pour l'avocat de la famille de Quentin, Me Fabien Rajon, le jeune homme a été victime d'un «guet-apens, méthodiquement préparé » tendu « par des individus organisés et entraînés, en très large surnombre et armés, pour certain le visage masqué, ayant effectué des repérages préalables et disposant a priori de complicités ».
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« Ces faits, s’ils sont confirmés par l’enquête (...) constituent un crime », a-t-il ajouté dans un communiqué publié samedi 14 février après le décès de l'étudiant.
Dans son communiqué, Némésis affirme avoir reconnu parmi les agresseurs de Quentin un collaborateur parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, qui serait un «membre actif de la Jeune Garde ».
La Jeune Garde, groupe antifasciste dont Raphaël Arnault est l'un des fondateurs, a été dissoute en 2025 par le ministre de l'Intérieur de l'époque, Bruno Retailleau, pour « agissements violents ».
Rima Hassan a déclaré de son côté ne collaborer qu'avec le service d'ordre de La France insoumise « qui n'a jamais recours à la violence et qui n'est en aucun cas impliqué dans ces affrontements ».
Quentin « n'était ni agent de sécurité, ni membre d'un quelconque service d'ordre », selon son avocat Me Rajon. Sans « aucun antécédent judiciaire », il « a toujours défendu ses convictions de manière non-violente ».
« Étudiant en mathématiques, pratiquant le tennis et la philosophie », il était « investi dans la vie pastorale, en particulier au sein de la chorale de sa paroisse », selon l'avocat.
Selon Alice Cordier, Quentin est venu « assurer notre sécurité bénévolement ». « On a parfois des jeunes hommes qui nous proposent de venir simplement nous filer un petit coup de main si jamais ça devient physiquement trop compliqué pour nous», a-t-elle dit à l'AFP.
L'enquête ouverte vendredi pour « violences aggravées » et confiée à la Direction interrégionale de la police, a été étendue au chef de « coups mortels aggravés », a indiqué le parquet samedi 14 février après l'annonce du décès de Quentin.
Les violences sont quant à elles « aggravées par trois circonstances de réunion, d’usage d’arme, et de mis en cause dont le visage est dissimulé », a-t-il indiqué sans plus de précisions dans l'immédiat.
«Poursuivre, traduire devant la justice et condamner les auteurs de cette ignominie est indispensable » a déclaré samedi 14 février le président Emmanuel Macron. « En République, aucune cause, aucune idéologie ne justifieront jamais que l’on tue », a-t-il ajouté en appelant «au calme, à la retenue et au respect ».
Marine Le Pen a appelé à considérer comme « terroristes » les « milices d'extrême gauche » et Jordan Bardella a sonné la « mobilisation de l'ensemble de la classe politique » en accusant La Jeune Garde.
LFI pour sa part « condamne avec la plus grande fermeté toute violence physique », a déclaré son coordinateur Manuel Bompard.