Sa réflexion aura duré une année. Déborah, tout juste 40 ans, a reçu sa première injection de botox en juin. En quelques minutes, une dermatologue recommandée par des amies lui a fait une quinzaine de mini-piqûres, légèrement douloureuses, pour cibler ses ennemies numéro un : les rides du front. « Plus que l’approche de la quarantaine, c’était le reflet du miroir, avec ces marques visibles sur le haut du visage, qui me gênait, explique cette maman d’une petite fille, en reconversion professionnelle. Ce n’était pas pour paraître plus jeune, mais plutôt pour me sentir moins fatiguée, plus lumineuse. »
Déborah ne regrette en rien les 500 euros dépensés : « J’ai attendu deux semaines pour voir le résultat définitif. Je me suis dit : en fait, ce n’est pas grand-chose, c’est très efficace. Je regrette même d’avoir autant tergiversé ! » Elle s’apprête à reprendre rendez--vous, car les injections sont à renouveler tous les cinq ou six mois.
Comme elle, 10 % des Français ont déjà consulté ou reçu un acte de médecine esthétique. 20 % envisageraient d’y recourir. Très loin du trio de tête que constituent les États-Unis, le Brésil et l’Inde, ce sont néanmoins plus de 400.000 opérations et près de 500.000 actes de médecine esthétique qui ont été rapportés par les chirurgiens plasticiens en 2024, selon la Société internationale de chirurgie plastique (Isaps).
Le total réel est difficile à évaluer, car des médecins généralistes et des dermatologues en pratiquent également. En chirurgie, l’augmentation mammaire reste l’intervention la plus pratiquée, devant la blépharoplastie, l’opération des paupières. En dehors du bloc opératoire, les injections d’acide hyaluronique devancent celles de botox, de plus en plus populaires. C’est ce que constate le docteur Nicolas Georgieu, chirurgien plasticien et président de la Société française des chirurgiens esthétiques plasticiens (Sofcep). Il reçoit plus de 600 patientes par an pour ce motif : « Je pensais que ça allait stagner, mais la médecine esthétique augmente toujours. Je vois des patients beaucoup plus âgés… et beaucoup plus jeunes qu’il y a vingt ans. »