SONDAGE EXCLUSIF. 69% des Français ont une bonne image de l'audiovisuel public

Stéphane Bern, Laurent Delahousse et Élise Lucet.
LTD / DR

Stéphane Bern, Laurent Delahousse et Élise Lucet.
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Les Français apprécient particulièrement leur audiovisuel public. C’est le premier résultat, incontestable, de l’étude réalisée par Ipsos BVA/Cesi école d’ingénieurs pour La Tribune Dimanche. Alors que les polémiques s’empilent, sept Français sur dix déclarent avoir une bonne image de la télé et de la radio publiques. Et ce sentiment reste majoritaire quelle que soit la préférence partisane des personnes interrogées (59 % pour les sympathisants du RN, 64 % pour LR).
Aux yeux de nos sondés, l’audiovisuel public semble remplir ses missions. Sept Français sur dix pensent qu’il s’adresse à toutes les catégories de la population et qu’il permet à des œuvres originales de voir le jour ; six sur dix, que les émissions sont de qualité ; un sur deux, qu’il fournit une information fiable et indépendante. Et ce dernier chiffre monte à 74 % quand on ne compte que les sondés qui regardent ou écoutent tous les jours les programmes diffusés ! Mais derrière ce semblant de consensus apparaît une réelle fracture politique.
Directeur délégué d’Ipsos, Brice Teinturier observe une polarisation sur tous ces sujets. Avec d’un côté des jugements très positifs dans un bloc qui rassemble sympathisants écologistes, socialistes et du bloc central, et de l’autre des sympathisants LR et RN bien plus critiques. Ces derniers sont par exemple respectivement 68 % et 59 % à estimer que l’audiovisuel public coûte « trop cher », sentiment minoritaire chez les partisans des autres formations politiques.

Nous avons également posé la question de l’attachement aux différentes antennes. Il est fort pour les chaînes de télévision, surtout auprès de ceux qui les suivent quotidiennement. France 2 arrive en tête (57 %), les radios ferment la marche. « La télévision génère un attachement plus fort que la radio, mais c’est lié à son audience, souligne Brice Teinturier. Et la radio est un média plus clivant. »

Un chiffre interroge toutefois : la dernière place de France Inter, à qui 26 % des sondés sont attachés, alors que Franceinfo (40 %) s’en sort mieux. « Il y a une lecture très politique de France Inter, observe encore Brice Teinturier. La station apparaît comme un outil de fixation pour les sympathisants LR ou RN. » Ils ne sont en effet que 17 % pour les premiers et 14 % pour les seconds à se dire attachés à la station phare de la Maison ronde, et seulement 31 % chez les sympathisants du bloc central. Comme si une forme de crispation générale s’était installée, à laquelle seuls les sympathisants socialistes (53 %) échappent.
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Alors, faut-il réformer l’audiovisuel public ? Près d’un Français sur deux estime que oui, « mais sur certains aspects seulement ». Et selon nos sondés, une privatisation donnerait plutôt de moins bons résultats, en particulier en ce qui concerne l’objectivité des informations données. « Il n’y a pas de demande de grand soir du service public, résume Brice Teinturier. Nos chiffres montrent que les Français n’ont pas le sentiment qu’ils sont devant une catastrophe, même s’ils voient bien sûr des choses à améliorer. »
