Le chorégraphe Benoît Richaud multiplie les collaborations auprès des meilleurs et cultive une personnalité singulière dans le milieu. Les Mondiaux débutent mercredi.Quand la réponse à une demande d’entretien tombe à 6 h 27 sur le smartphone, cela donne une idée des journées de votre interlocuteur. Benoît Richaud dort peu – « cinq heures par nuit » – et si l’insomnie survenait, il pourrait toujours compter les patineurs. Les siens, s’entend. Cela reviendrait à enjamber frontières et océans. Le chorégraphe a la collaboration féconde.
Aux Jeux olympiques, le mois dernier, on ne pouvait pas le rater. Lui, son regard acier et son crâne rasé. Lui et ses changements de vestes officielles, pour être assorti au drapeau de ses patineurs dans la zone du « kiss and cry ». Treize nationalités réparties sur vingt athlètes (12 patineurs individuels et 4 couples). Et trois médailles récoltées, notamment l’argent de la star japonaise Kaori Sakamoto.
Lui et sa façon de vivre la prestation de ses protégés, possédé quand Adam Siao Him Fa sublime son programme court. « Le plus beau de toute la compétition, soupèse-t-il à froid. Un moment suspendu. » C’est la première fois que Benoît Richaud, 38 ans, prenait la lumière des JO. Quand bien même ce fut derrière la balustrade, son compte Instagram s’en est ressenti : +60 % de nouveaux abonnés. Une ouverture vers le grand public, alors que le milieu l’a déjà adoubé.
Des JO à la reconnaissance mondiale
Sacré meilleur chorégraphe 2024 par la Fédération internationale (ISU), il est en lice pour la quatrième saison de suite. Celle qui s’achève, avec les Mondiaux à Prague de mercredi à dimanche, l’aura vu façonner 62 programmes, pour le compte de 47 athlètes. Il n’avait pas les chiffres en tête, alors il a pris le temps de recompter pour nous répondre. « C’est monumental », admet-il. Mais ce n’était pas écrit.