ENTRETIEN – Outsider en individuel hommes, le patineur français décrit l’art délicat de la séduction sur la glace. Où chaque détail compte face aux juges.Livrée pendant l’entretien, la valise officielle de la délégation France est de taille à ramener une flopée de souvenirs de Milan. Pour Adam Siao Him Fa, qui a fêté ses 25 ans le 31 janvier, l’idée reste surtout d’y glisser une médaille.
Troisième des Mondiaux de 2024, le Niçois a un profil de prétendant, quoique un peu craquelé par une saison inégale. La récente impasse sur le championnat d’Europe, remporté en 2023 et 2024, a été décidée pour le facteur « fraîcheur ». Son entrée en scène aura lieu samedi, lors du concours par équipes.
LA TRIBUNE DIMANCHE – À Milan, vous patinerez sur des programmes inspirés de deux génies italiens, Léonard de Vinci et Michel-Ange. Pour plaire aux juges ou faire plaisir au public ?
ADAM SIAO HIM FA – C’est une volonté d’embarquer tout le monde. Je ne veux pas me cantonner au milieu du patinage, mais voir plus grand et toucher un maximum de gens. À Pékin [aux JO de 2022], il n’y avait personne sur place pour partager le moment, mais mes programmes avaient été très relayés sur les réseaux sociaux. Il s’agissait de thèmes forts [Star Wars et Daft Punk], mais ceux-là seront encore plus grands, je crois.
Comment procédez-vous pour les choix musicaux ?
On a un groupe de conversation avec mes coachs [Cédric Tour et Benoît Richaud, chorégraphe]. Chacun donne ses idées. En général, on part d’un thème pour trouver ensuite une musique. Pour Dune [en 2024], ils sont allés voir le film et m’ont dit à la sortie : « La BO est dingue ! » Je l’ai vu à mon tour et j’ai validé. La musique choisie pour le programme long cette saison [un concerto de Philip Glass], Benoît me l’avait déjà fait écouter il y a quatre ans, avec l’idée de l’utiliser un jour. L’an passé, en mars, on a fait une impro dessus et le programme s’est monté tout seul ensuite.