Renaud Muselier, le président de la Région Sud, défenseur de la décentralisation affirme que les territoires savent accompagner les transformations qui s’imposent.
L'idée de prendre le chemin du sud de la France pour réfléchir aux grands bouleversements mondiaux, sur fonds de chant des cigales et sous le soleil, a sans doute pu paraître saugrenue ou curieuse quand, au lendemain de l'an 2000, le Cercle des économistes opte pour des Rencontres hors de la capitale.
« Un choix malin à cette période », estime pour sa part Renaud Muselier. Jacques Chirac est alors président de la République et Lionel Jospin, son Premier ministre. Vingt-cinq ans après, le monde est en transition(s), la mondialisation a modifié les modèles et réfléchir aux évolutions planétaires est un exercice auquel il est difficile de déroger étant donné la vitesse à laquelle les mutations s'enchaînent.
Dès lors, réunir à Aix-en-Provence tout ce que la France possède d'intellectuels, de philosophes et de chefs d'entreprise dans un territoire loin de Paris, est-ce un exemple réussi de décentralisation ? Oui, acquiesce Renaud Muselier, farouche défenseur, voire promoteur de la délocalisation des pouvoirs. Le territoire est-il d'ailleurs un amortisseur des chocs quand il faut affronter la réalité, thème de l'édition 2025 ?
Indéniablement répond le président de la Région Sud pour qui « le territoire est le premier rempart pour tous les chocs », puisque ce territoire « nous le maîtrisons, nous décidons de ce que nous aménageons. Et, dans les territoires, il n'existe pas de déficit chronique », ajoute-t-il, pierre dans le jardin du déficit national, caillou dans la chaussure des gouvernements.
Réparer les fractures territoriales
Face aux transitions - et le sujet n'est pas uniquement contemporain - comment réparer et éviter lorsque c'est possible les fractures territoriales ? « Les fractures, ce sont celles que l'on trace entre les grandes villes et les petites villes. Les élus sont dans la vraie vie. Ils savent s'adapter, diagnostiquer, anticiper les chocs et réparer lorsque c'est nécessaire », réagit-il.
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Il faut que les territoires sachent créer des opportunités.
L'organisation des Jeux Olympiques d'hiver 2030, dévolue aux Alpes françaises est un exemple de « comment nous allons adapter la politique d'aménagement, entraîner le monde économique dans ce projet, amener les citoyens à la montagne. Nous connaissons les subtilités du territoire ». Et Renaud Muselier de rappeler que l'idée émise en 2022 d'accueillir des JO dans le Sud a pu prêter à sourire. Pour autant, trois ans plus tard, l'idée est devenue réalité. « Il faut que les territoires sachent créer des opportunités ».
De ce point de vue, le virage « vert » pris par Marseille-Fos n'illustre-t-il pas la façon dont l'industrie sait, elle aussi, prévenir les chocs, en l'occurrence, celui d'une décarbonation exigée qui modifie les modèles traditionnels ?
« Celle qui était la deuxième zone la plus polluée de France a adopté une stratégie qui crée, précisément, des opportunités. On peut donner naissance à un nouveau territoire, mais il faut accélérer sur les infrastructures. L'avenir est sous nos yeux. Il faut impulser une vision, être ferme sur les objectifs et assumer ce que l'on fait. Mon rôle est d'être aménageur de territoire ». Quant aux Rencontres économiques, désormais élément de la dynamique du Sud, « elles doivent demeurer un rendez-vous d'équilibre, de régénération. Il faut qu'elles deviennent une boussole. »