Une énergie propre et illimitée : les folles promesses des start-up de la fusion nucléaire
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

La première modélisation de réacteur à fusion nucléaire présenté par la start-up Gauss Fusion.
Gauss Fusion
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

La première modélisation de réacteur à fusion nucléaire présenté par la start-up Gauss Fusion.
Gauss Fusion
À la fin août, Arcachon a accueilli les têtes pensantes de l’ingénierie française pour un traditionnel congrès dédié aux grands projets d’infrastructures. Le nucléaire est le sujet star de l’ouverture. EDF puis le Commissariat à l’énergie atomique déroulent des présentations très pointues devant près de 300 personnes encore distraites par le souvenir des vacances. Quand soudain, l’attention se fixe : « Une seule étoile alimente la Terre. L’objectif n’est plus d’admirer ce phénomène mais de le reproduire. »
Avec cette promesse, sur scène, le troisième intervenant sidère. Yann Gérard, le fondateur de la start-up GenF, déroule son projet de « réacteur à fusion par confinement inertiel ». Le public aurait pu se contenter de la présentation technique, mais face à eux, l’entrepreneur rejoue le pitch réservé aux investisseurs. « La fusion nucléaire ouvre la voie à une énergie sûre, propre et quasi illimitée. Elle sera aussi décarbonée, compétitivité et souveraine », règle-t-il, sous l’œil intrigué de l’assemblée. Les chiffres défilent : une technologie quatre fois plus productive que la fission, une température en cœur de réacteur qui dépasse les 100 millions de degrés et surtout, une « ruée » vers la fusion concrétisée par huit milliards d’euros d’investissements dans le monde en 2025, du jamais vu.
À lire également
« Nous sommes capables de faire revenir des Français qui étaient partis travailler à l’étranger », assure Yann Gérard, à la tête d’une équipe d’une trentaine de scientifiques et ingénieurs. Un petit monde qui dispose d’une vingtaine d’années seulement pour lancer son premier modèle de réacteur à fusion, soit une poussière de temps dans le domaine de l’atome. Un membre du public l’interpelle : « Qu’est-ce qui vous différencie des dizaines d’autres projets de recherche dans le monde ? » L’innovateur met l’accent sur la compétitivité : « La cible doit coûter quelques centimes d’euros, c’est notre objectif et ce n’est pas celui de tous nos concurrents », argue-t-il au sujet de la matière à placer dans le réacteur. Pour convaincre, les partisans de la fusion doivent formuler les plus belles promesses en termes d’efficacité, de calendrier et, bien entendu, de coût. Les inconnues demeurent nombreuses.