RER métropolitain : cette gare rouvre à Bordeaux 75 ans après sa fermeture

La gare de Talence-Médoquine a repris du service ce 22 septembre 2025 après plus de 75 ans de fermeture.
NB / La Tribune

La gare de Talence-Médoquine a repris du service ce 22 septembre 2025 après plus de 75 ans de fermeture.
NB / La Tribune
Le TER est arrivé à Talence-Médoquine en provenance de Bordeaux Saint-Jean. Quatre minutes de voyage. « On n’a pas eu le temps de voir le temps passer », réagit avec un brin d'ironie Alain Rousset, le président de la Région Nouvelle-Aquitaine, depuis le quai. Et la rame repart presque aussitôt. D’ici 2026, 82 trains doivent s’arrêter ici chaque jour. Puis 96 à horizon 2030.
Les élus présents pour l’inauguration officielle de la halte ferroviaire – la troisième dans la métropole bordelaise – se félicitent d’un chantier express de 25,5 millions d’euros mené en 18 mois. Résultat : deux nouveaux quais et une passerelle multimodale pour y accéder. Le maire de Talence, Emmanuel Sallaberry, salue au micro « la mobilisation des habitants et des associations d’usagers pour la réouverture de cette gare ». Une lutte entamée en 2011.
Sa première inauguration remontait à 1841, mais depuis 75 ans, les quais de la Médoquine n’accueillaient plus de voyageurs. « La réouverture de la halte ferroviaire rapproche Talence du reste de la métropole », conclut l’édile. C’est tout l’objectif affiché par les financeurs principaux du Service Express Métropolitain (SERM) : Bordeaux Métropole, la Région Nouvelle-Aquitaine et l’Etat. L’objectif est d’accueillir ici 4 400 voyageurs par jour en 2030.
Un moyen d’ « éviter que la métropole soit trop engorgée tout en réduisant les gaz à effet de serre émis par la circulation et les polluants atmosphériques » rappelle Christine Bost, présidente de Bordeaux Métropole.
Mais pour qu’il soit un succès, il faudra réunir de nombreux ingrédients, énumère l’élue : « Un tarif accessible, des connexions, de la fiabilité et du cadencement. » Aux heures de pointe, un train s’arrête toutes les demi-heures à Talence-Médoquine, depuis et vers Bordeaux Saint-Jean.
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« Il faut impérativement qu’on puisse augmenter la cadence », approuve Alain Rousset. On a encore beaucoup de travaux à faire sur la signalisation entre Langon et le Médoc. » Des chantiers menacés par l’incertitude économique. « Peut-être qu’aujourd’hui on ne pourrait pas s’engager sur un tel investissement, poursuit-il à propos du SERM, accusant l’État de faire peser sur les collectivités la charge de son endettement. Je pense que les contraintes budgétaires vont retarder la mise en place complète du service. »
Cette année, la Région Nouvelle-Aquitaine a réduit son budget de 200 millions d’euros. De son côté, l'État n'avance pas sur le volet labellisation et financements des services express régionaux métropolitains prévus aux quatre coins du pays. La solution : étaler dans le temps le développement du RER métropolitain dont le budget total s'élève à 800 millions d'euros notamment pour cadencer trois lignes de RER et déployer six lignes de cars express dont quatre, vers Créon, Blaye, Lège et Beautiran sont opérationnelles.
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Pour l’association Trans’Cub, la réouverture de la halte de Talence-Médoquine reste partielle et inéquitable. « Les trains qui viennent et vont vers le Sud de la Région (Pau, Tarbes, Dax, Bayonne, Mont-de-Marsan, Saint-Jean-Pied-de-Port, Hendaye, ndlr) ne s’arrêteront pas ici alors qu’ils passent et s’arrêtent une gare plus loin, à Pessac », déplore Germain Suys, ancien responsable SNCF de la gare Saint-Jean engagé dans les associations d’usagers du ferroviaire. « Il y a aussi 26 trains par jour qui circulent entre Pessac et le Médoc, pourquoi ne pas les faire partir de Bordeaux et les arrêter ici à Talence-Médoquine ? » s’interroge le retraité de la SNCF.