Le projet de raffinerie de nickel et de cobalt, prévu en zone inondable au nord de Bordeaux, entre en phase d’enquête publique jusqu’au 15 janvier 2026. Alors même que le montage financier de cet investissement industriel d’un demi-milliard d’euros porté par la société EMME reste encore largement inconnu.Comme Flying Whales l'été dernier, l'enquête publique sur le projet de raffinerie de cobalt et de nickel à Parempuyre en bord de Garonne, se tiendra opportunément pendant les vacances scolaires. Les soutiens et les opposants à ce projet industriel pourront contribuer au débat entre le 15 décembre 2025 et le 15 janvier 2026, en pleine période des fêtes de fin d'année.
Portée par Electro mobility materials Europe (EMME), cette usine de conversion de métaux rares, classée Seveso seuil haut, doit être implantée en zone inondable à dix kilomètres au nord de Bordeaux. On connaît le marché visé - celui des fabricants de batteries automobiles - et l’ampleur de l’investissement envisagé : 530 millions d’euros au dernier pointage. Mais, à l’heure de l’enquête publique, le flou demeure en revanche sur le montage financier de cette raffinerie déclarée d’intérêt public majeur par le gouvernement, mais déjà contestée par des opposants devant les tribunaux.
C'est la jeune entreprise EMME, présidée par Antonin Beurrier et domiciliée à Bordeaux Euratlantique depuis sa création en 2024, qui porte ce projet dévoilé début 2024. Société par actions simplifiée unipersonnelle au capital d’un million d’euros, EMME est détenue à 100 % par la société KL 1 AG, installée à Genève (Suisse) et dont Antonin Beurrier est l’administrateur unique. Si cet entrepreneur dispose d’une large expérience et d’un réseau étoffé dans l’industrie du nickel (lire encadré), il reste à ce stade impossible d’en savoir davantage sur les éventuels actionnaires actuels ou futurs de son projet.