Avec une augmentation de 4 à 5%, le Centre-Val de Loire et la Nouvelle-Aquitaine sont lanterne rouge du dernier classement réalisé par l'assureur crédit Allianz Trade.Avec une prévision de 67 500 défaillances d’entreprises en 2025 (+2%), la France atteindra un nouveau record. Si tous les secteurs ne sont pas logés à la même enseigne, le BTP, représentant une faillite sur deux, les CHR ainsi que le commerce de détail, qui a besoin de volumes pour assurer des marges suffisantes à son exploitation, sont les premiers concernés, selon l’étude trimestrielle d’Allianz Trade, filiale du groupe Allianz, parue fin octobre dernier.
Plusieurs phénomènes se conjuguent en effet pour expliquer le maintien attendu cette année à un niveau élevé des défaillances économiques, après déjà deux ans de hausse.
« D’une part, la croissance de l’économie est trop molle en France, avec un taux inférieur à 1%. Facteur étroitement lié au nombre de défaillances, il lui manque au minimum 0,5% pour les stabiliser, voire les faire baisser, explique Maxime Lemerle, analyste chez Allianz Trade. La stabilisation des taux d’intérêt en 2025, après de fortes hausses, continue d’autre part à rendre le financement des entreprises tendu. Enfin, la concurrence accrue avec la multiplication des nouveaux entrants sur les secteurs en transformation, le High tech et l’énergie notamment, constitue aussi un facteur de fragilisation pour les entreprises ». Le manque de visibilité des sociétés sur la fiscalité, dû au contexte politique, est un dernier paramètre négatif.
TPE et microentreprises en Centre-Val de Loire
Dans ce contexte qui touche l’ensemble des 13 régions, le Centre-Val de Loire et Nouvelle-Aquitaine se distinguent avec des hausses respectives des faillites de 5% et de 4% depuis le début 2025 par rapport à l’année dernière.
Concernant le Centre-Val de Loire, cette augmentation atteint même 26% au troisième trimestre, soit 518 défaillances. « Il ne s’agit pas de sous-estimer ce mauvais indicateur qui reste le signe d’une situation économique régionale dégradée pour les mêmes raisons qu’au plan national. Reste qu’il faut le tempérer avec deux autres données, remarque Tony André, directeur général adjoint de Dev’up, l’agence de développement économique régionale. D’une part, 8 312 entreprises ont été créées sur la même période, attestant du fait que les défaillances n'empêchent pas le dynamisme économique du territoire. D’autre part, les fermetures concernent essentiellement des microentreprises et des TPE compte tenu des filières concernées, les services et le commerce notamment, minorant ainsi les suppressions d’emploi ». De fait, le taux de chômage attendu cette année en Centre-Val de Loire de 6,9%, restera inférieur à la moyenne prévisionnelle nationale de 7,5%.