Des pylônes électriques plus modernes, plus durables et mieux intégrés au paysage… RTE vient de commander 1 000 mâts nouvelle génération à une entreprise cantalienne. Ils seront intégrés dans un vaste plan à 24 milliards d'euros qui vise à renouveler une partie des lignes aériennes d'ici à 2040.L’enjeu est de taille : renouveler 85.000 pylônes électriques d’ici à 2040 sur les 260.000 qui jalonnent le territoire et 24.000 kilomètres de lignes. RTE, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité en France, est lancé dans un vaste plan de modernisation et d’extension de ces lignes aériennes, estimé à 24 milliards d’euros.
Celui-ci doit permettre à l'entreprise de faire face à une triple exigence : renforcer la résilience du réseau face au changement climatique, accompagner la décarbonation de l'industrie et des nouveaux moyens de production, et anticiper la hausse des besoins en électricité en assurant le renouvellement de son réseau.
Pour y parvenir, un petit nouveau fait son entrée dans le catalogue RTE. Un pylône nouvelle génération. Son design s’inspire de « l’ondulation de la ligne », « des courbes du végétal » pour une meilleure insertion paysagère. Le modèle sera fabriqué par l’entreprise cantalienne Matière, spécialisée dans les ouvrages d’art (500 salariés ; 220 millions d’euros de chiffre d’affaires). RTE lui a commandé 1.000 premières structures, notamment pour leur robustesse.
« La structure béton pour la partie basse rend le pylône plus robuste à certains aléas climatiques, notamment aux tempêtes. Il est moins sujet aux vrilles que peuvent l'être les pylônes treillis traditionnels. Nous renforçons ainsi notre résilience », explique Xavier Chauvet, directeur du projet pylône nouvelle génération pour la direction technique de RTE.
Modularité et sobriété
Ce nouveau modèle bénéficie également d’une conception simplifiée, environ 200 pièces contre 1.000 pour une version ancienne, et d’une grande modularité.
« Nos pylônes comptent quelques 1.500 boulons contre 4.000 pour les anciens. Notre bureau d’études a travaillé avec l’agence de design Nimos, pour que l’assemblage et le montage soient plus rapides, deux jours contre une semaine environ. Cela engendre aussi moins d’amorces de corrosion », décrit Philippe Matière, PDG de l’entreprise éponyme.