Bouygues construction s’associe à la PME lyonnaise Innodura, spécialiste des solutions robotiques, et crée un laboratoire dédié à l’innovation autour de la robotisation. Car les promesses des robots sur les chantiers sont alléchantes : productivité, allégement de la pénibilité du travail, attractivité des métiers… Mais la tendance en est encore à ses prémices, de nombreux freins sont encore à lever.Demain, pourra-t-on se passer des compagnons sur les chantiers de la filière du bâtiment ? Une question sur laquelle Edward Woods, le directeur innovation et R&D de Bouygues construction, est assez catégorique : « Peut-être sur certains chantiers très spécifiques mais globalement non, on aura toujours besoin d’hommes de l’art sur place ».
Pour autant, la filière de la construction, avec les majors en tête de pont, s’intéresse de très près au sujet de la robotisation des chantiers.
Chez Bouygues construction (10,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2024), le sujet constitue d’ailleurs l'un des deux axes prioritaires de son activité R&D, avec la santé/sécurité.
Pour accélérer, le groupe français vient de valider une étape significative en s’alliant avec la PME lyonnaise Innodura (30 salariés). Celle-ci se positionne comme l'une des pionnières françaises des systèmes de guidage des robots.
« Nous utilisons déjà quelques robots sur nos chantiers, mais nous allons chercher des solutions sur étagère. Le problème, et c’est frustrant, est qu’il n’y a justement pas assez d’offres. Nous travaillons depuis plusieurs années avec Innodura, en explorant plusieurs cas d’usage concrets. Nous souhatons passer à l’étape d’après », explique Edward Woods.
Alléger la pénibilité et améliorer la productivité
Cette nouvelle étape se matérialise par la création d’une équipe pluridisciplinaire commune, dédiée au développement des robots de chantier et à la création d’un laboratoire spécifique chez Innodura en périphérie lyonnaise, en lien avec Scale One, la nouvelle plateforme d’innovation ouverte il y a quelques mois par Bouygues et soutenue par un financement France 2030. Le montant de l’investissement n’est pas communiqué. Les cas d’usage prioritaires visés touchent au perçage, au taluchage, à la finition de surface, aux tâches générant des poussières, etc.
« L’idée est d’alléger la pénibilité de certaines tâches, notamment les plus répétitives, et d’améliorer la sécurité des compagnons, en limitant leur exposition à la poussière, à des substances possiblement nocives », précise le directeur R&D.