Le laboratoire pharmaceutique allemand, en partie spécialisé dans la santé animale, confirme la suppression de 149 emplois principalement dans le Rhône et dans l’Ain. Alors que le groupe impute cette décision au contexte économique, les syndicats dénoncent quant à eux une succession de plans stratégiques et des investissements non concrétisés.C’est une nouvelle alerte dans le milieu pharmaceutique et l’écosystème lyonnais : le groupe allemand Boehringer Ingelheim, 2.000 salariés en France, notamment spécialisé dans la production de médicaments et de vaccins pour les animaux, a confirmé cette semaine avoir engagé un plan de suppression de 149 emplois sur quatre de ses neuf sites français, notamment de la région lyonnaise : Lyon Gerland (le siège français du groupe) et Saint-Priest, dans le Rhône, Saint-Vulbas, dans l’Ain, mais aussi trois postes à Toulouse (Occitanie).
L’annonce a d’abord été communiquée par l’organisation syndicale Force Ouvrière, minoritaire dans la société, qui indique agir en intersyndicale avec la CFE-CGC et la CGT. Puis confirmée par la direction, qui précise avoir initié, à l’échelle du groupe, un plan de transformation global de sa branche en santé animale, représentant 4,75 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024 (+1,9%), sur une activité totale de 26,8 milliards d’euros (+6,1%).
Avec, en conséquence, la suppression de 149 emplois dans les fonctions commerciales, support et de recherche et développement en France, mais aussi la modification de 58 autres postes et la création de 27 autres dans l’Hexagone. D’autres emplois sont également menacés de suppression en Allemagne et aux Etats-Unis.
« Ce projet s’inscrit dans une démarche globale, portée par le groupe, de révision de la stratégie mondiale en santé animale, avec pour objectif de renforcer notre compétitivité, accélérer l’innovation et adapter notre organisation aux évolutions rapides du marché et aux attentes de nos clients », souligne la direction de la branche française de Boehringer Ingelheim.
En France, « une pression sur les prix »
La direction justifie ce nouveau plan social par l’évolution « très rapide » du marché mondial en santé animale. « La concurrence s’intensifie, les attentes des clients en matière d’innovation et de services changent et le rythme de l’innovation s’accélère », indique le laboratoire pharmaceutique.